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Juste la fin du monde

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C’est toujours une expérience intéressante de voir un film de Xavier Dolan. Jamais vraiment du temps perdu, même quand c’est un peu raté ou, comme c’est le cas de Juste la fin du monde à mon sens, décevant parce que surévalué. Grand Prix à Cannes en mai dernier, le film a emballé la critique et bon nombre de ses spectateurs en première semaine, au point qu’on s’attend, en entrant dans la salle, à découvrir un chef d’œuvre qui va changer notre vie, une œuvre qui réussit une synthèse parfaite des envolées esthétiques et philosophiques des précédents efforts du prodige canadien, tout en évacuant les défauts un peu anecdotiques qu’on leur reprochait parfois : grandiloquence, manque d’humour, se prend furieusement au sérieux, ressasse les mêmes thèmes depuis le premier film… Alors qu’on ne songerait jamais à reprocher à Alfred Hitchcock son exploration constante des troubles de l’âme humaine et des quêtes de vérité, ou à Woody Allen ses personnages centraux souvent bourgeois et tout le temps en plein doute existentiel. Mais chez Dolan, c’est forcément pas assez subtil, pas assez mainstream, pas assez intello, pachydermique… Bref, il ne peut jamais gagner. Mais alors là, j’ai un peu de mal à comprendre comment tout le monde se prosterne si facilement.

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Mommy

 

Director Xavier Dolan, Jury Prize award winner for his film "Mommy", poses during a photocall at the closing ceremony of the 67th Cannes Film Festival in Cannes

 

Oui, Xavier Dolan est agaçant. Il a des tics d’arrogance, une omniprésence médiatique, des contradictions qui, forcément, donnent un peu envie de lui chercher des noises, de ne pas hurler au génie avec la meute médiatique qui lui a servi la soupe pendant deux semaines à Cannes en mai, puis pendant à peu près le même laps de temps à la sortie de Mommy en salles. Mais voilà, cette sollicitude des médias se justifie assez. Il est tellement rare de regarder une carrière de cinéaste qui éclot et devient une star internationale, avec cette précocité, que l’on ne peut pas vraiment le quitter des yeux. On est fascinés qu’il réussisse tout ça : l’esthétique, la grammaire cinématographique, les dialogues, les personnages, à 25 ans et depuis cinq films. Et, à chaque fois, un résultat différent, surprenant, qu’on peut aimer alors qu’on a détesté le précédent, et vice-versa. Alors oui, il y a des tics de cinéma intello, une manière un peu m’as-tu vu de faire le virtuose sur écran, des trucs auxquels on s’attend, mais comment ne pas être intéressé par l’expérience d’un nouveau film de Xavier Dolan ?

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Martine à la ferme (gone wrong)

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C’est assez fascinant, en matière de cinéma, d’assister à l’éclosion d’un auteur. On a tendance à se focaliser sur l’éclosion des acteurs, des stars qui vont alimenter les fantasmes et la presse people pour la décennie à venir, mais on voit beaucoup moins de grands noms de la réalisation apparaître puis se maintenir à un niveau de célébrité comparable. Xavier Dolan n’est pas une superstar, mais il est typiquement ce à quoi on pourrait penser lorsqu’on parle de réalisateur-star : le genre d’auteur qui déploie une œuvre vaste et riche à travers sa filmo, bien identifié par la presse et (presque) par le grand public, dont les films sortent et font des succès (ou non) en salles sur son seul nom, et pas vraiment sur leurs stars. Quand sort un film de Xavier Dolan, les gens vont voir le dernier Dolan. Comme on va voir le dernier Spielberg, le dernier Resnais, le dernier Ozon, le dernier Polanski, comme on allait voir le dernier Hitchcock : on y va pour le réal’, à la limite on se fout de savoir qui est au casting ou de quoi ça va parler exactement, on a confiance en un nom. Et il n’y en a pas tant que ça, des réalisateurs (francophones ou non) qui font carrière sur leur seul nom. Même des gros auteurs confirmés comme Régis Wargnier, Tonie Marshall, Ridley Scott, Steven Soderbergh ou Claude Lelouch voient régulièrement leur nom s’effacer un peu, pendant la promo, au profit de leur casting. Xavier Dolan, non. Ou pas encore.

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Mes meilleurs amis !!!

Comme beaucoup d’entre nous en ce moment, je suis devenue une « No life », ce qui m’amène à dormir moins de 5H00 par nuit, à passer l’autre partie de ma vie dans une bibliothèque, (chance des systèmes éducatifs nord-américains, qui fournissent aux étudiants en maîtrise, des passes 24H/24), à me nourrir de produits de distributeurs, café, sandwichs, chips et à fumer!
Vous l’aurez compris, je ne ressemble plus à grand chose, entre cernes et teint blafard que même les meilleures crèmes, elles-ne-peuvent-plus-rien-pour-ma-tronche!

Et avec le froid tenace, (bah oui, je faisais ma maligne, mais maintenant je sais pourquoi on appelle cet endroit Glaglacity) et la neige qui s’est définitivement installée ce matin,
j’ai la chance de vous présenter aujourd’hui mes nouveaux amis :

Dans l’ordre voici, mes bottes en poils de yak, mes moufles (super pas pratique pour fumer …) doublées en fausse fourrure, mon écharpe et mon énorme manteau qui me fait passer pour un petit esquimau!!!!

Je les aime, je les adore, je les « surkiffe »!
Non pour le côté esthétique de la chose (quoique …) mais parce ces nouveaux amis, ils me donnent de la chaleur immédiate!!!
Bon, en même temps, je comprend mieux pourquoi Glaglacity est aussi connu pour avoir 2 ans de retard sur la mode! Quand tu te cailles, la séduction passe au second plan! Normal dans ces conditions que les québécois ne soient pas des grands dragueurs et que les filles fassent tout le boulot !
N’est pas un « Latin lover » à la Juanes qui veut, quand il fait moins 5 dehors!

Et vous, l’hiver, plutôt hibernation ou séduction?