Archives par mot-clé : Rap

Les 50 chansons de 2016

Bon, deux mois sans toucher au blog, c’est pas la joie niveau assiduité et motivation, ici. Pour être honnête, c’est un mélange de temps occupé (= c’est devenu très compliqué cette année, comme en atteste le rythme de publication déclinant depuis quelques mois), de motivation perdue (= plus très envie de passer des demi-heures à rédiger des articles entre deux missions) et d’esprit plus vraiment là (= écrire, c’est du temps mais aussi de l’inspiration, de l’envie de partager, de commenter, de pousser ses contenus sur toutes les plateformes social media, des articles qui vous traînent dans la tête pendant des jours, et des clips, des films, des sorties ou des livres dont vous avez absolument envie de faire un compte-rendu de 40 lignes). Et, comment dire, tout cela n’est pas vraiment au rendez-vous ces dernières semaines. Des journées bien remplies sans pauses « perso » et des soirées bien comateuses ayant formé le cocktail mortel pour l’activité de ce blog depuis quelques mois. Ce qui ne m’a pas empêché de continuer à écouter, à sortir, à lire ou à voir des films. Simplement, ça ne s’est pas transformé en articles. Même la Pop-Pouffe du mois de novembre a sauté. Et plus le temps passe plus c’est difficile de reprendre. On reconstruit une motivation, une audience, une ligne éditoriale, un rythme de publication, et ça ne se fait pas en un jour.  Comme on arrive fin 2016 (une année musicale bizarre, dont il n’a pas été très facile de tirer 50 hits mémorables pour la postérité) et que je suis en simili-vacances, un sursaut de motivation me prend, et je me chauffe pour mon habituel classement de fin d’année. On y notera les absences des plus grosses stars du game de la pop, les unes parce qu’elles étaient absentes ou avares en nouveautés cette année (Madonna, Christina Aguilera, Lorde…), les autres parce que leurs efforts de 2016 ont globalement peiné à m’atteindre ou me convaincre (Britney Spears, Gwen Stefani, Lady Gaga, Robbie Williams…). Le statut de superstar installée ne garantit plus rien, et pourtant ces gros noms et leur science du single qui tue devraient faire mouche, en cette période moribonde où tous les petits nouveaux se tournent vers des sons hipsters ou hip-hop (tendance pas marrant) pour s’assurer une street cred face à des ados désormais impitoyables, même scotchés à NRJ : même la plus petite daube pop qui aurait été conspuée par Les Inrocks et la presse musicale il y a cinq ans doit désormais passer le double contrôle de la programmation radio ET de la validation de la critique musicale pour trouver grâce aux yeux de nos teenagers. Finis, donc, les phénomènes qui nous échappent et les one hits wonders un peu pourris comme ATC, Stacie Orrico, les Cheeky Girls ou Dante Thomas. Le moindre petit hit, même estival (mais c’est l’été toute l’année grâce à la house tropicale), doit être porté par un auteur-compositeur-interprète à bonnet et chemise de bûcheron, à la Tom Odell, qui nous assène sa dépression et son discours sérieux sur le processus créatif. Adieu les stars en plastique, donc, tandis que les phénomènes pour ados à la Justin Bieber, désormais sommés de justifier leur fanbase hystéro par un peu de crédibilité artistique, passent aussi à un son plus « mature » que ne renient plus les journalistes musicaux ni les hipsters. On peut enfin s’amuser avec du son pris au sérieux par les adultes, goûter les guilty pleasures sans risque de faute de goût, entre deux discussions sur la Syrie ou le taux de chômage. Pas de doute, ça valait la peine de devenir trentenaires : on a désormais une pop alignée sur les critiques récurrentes qu’on lui a fait au cours des 15 dernières années, quand on la trouvait trop dance, trop vocodée, trop artificielle, trop gay, pas assez arty, trop folk, pas assez rock, trop lookée et pas assez chic à la fois. Même Kylie Minogue semble remballer les gaules et se replier vers sa fanbase avec ses reprises outrageusement relookées « Noël » : il ne faudrait pas qu’on risque de prendre sa pop au premier degré, alors on emballe tout ça dans une promotion chez Yann Barthès et des costumes de mère Noël disco pour bien se mettre à distance et ne pas laisser de doute sur le fait que c’est pour écouter au second degré parce qu’on est cool et qu’on s’est pas compromis à VRAIMENT aimer les chansons des Bee Gees, hein. On a désormais une pop bien rutilante, bien classe, bien respectée par les rappeurs, les hard-rockeurs à mèche et les journalistes musicaux. Mais du coup, est-ce encore de la pop ? On vit une drôle d’année, une drôle d’époque, une drôle de pop. Go go go, et vivement 2017.

 

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Missy Elliott – Pep Rally

 

 

 

L’air de rien, cela fait déjà un an que s’est annoncé le comeback de Missy Elliott, avec son apparition lors de la performance de Katy Perry pour le Halftime Show du Super Bowl 2015. Depuis, pas grandèchose à se mettre sous la dent : un single avec Pharrell, WTF (Where They From), qui n’a pas vraiment fait de vagues dans les charts mondiaux et qui plafonne péniblement sous les 35 millions de vues sur YouTube au bout de trois mois ; et un featuring sur un titre du projet Jack Ü, qui a vite été éclipsé par le succès de Where Are Ü Now, le single du duo Skrillex / Diplo avec Justin Bieber… Bref, on est loin des plébiscites rencontrés, en leur temps, par Work It, Lose Control ou Get Ur Freak On, qui l’ont propulsée reine du hip-hop et continuent de lui donner cette aura de rappeuse-culte aujourd’hui. Et même pour les Grammy Awards, dont elle est pourtant une habituée en tant qu’interprète ou de productrice, nulle trace d’elle au sein des nominations de cette année.

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Grammy Awards 2016 – quelques impressions sur les nominations

 

 

Quelques impressions sur les principales nominations des 58èmes Grammy Awards, annoncées ce lundi 7 décembre et ayant envahi le web en quelques minutes. Kendrick Lamar, entre son album To Pimp a Butterfly et son featuring (relativement inoffensif) sur le Bad Blood de Taylor Swift, mène la danse avec 11 nominations. Taylor Swift et The Weeknd, la révélation mainstream de l’année, arrivent juste derrière avec 7 nominations chacun.

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Missy Elliott feat. Pharrell Williams – WTF (Where They From)

 

 

 

Le retour était attendu depuis la dernière mi-temps du Super Bowl, c’est désormais chose faite : Missy Elliott, la déesse du hip-hop US, qui a pavé la voie du rap féminin vers le grand public pour toutes les Nicki Minaj, Eve et autres Lil’Kim, qui ont généralement proposé une approche plus franchement sexualisée, notamment dans leur image publique. Car ne nous méprenons pas : sous prétexte qu’elle n’était pas un canon de beauté conventionnel, un peu trop ghetto, un peu trop grosse, un peu trop butch pour que son label la vende comme une bimbo nympho féministe bigger than life, il ne faut pas croire que la rappeuse a renoncé à parler de sexe dans ses chansons. Son répertoire, au contraire, regorge de textes qui parlent de cul. C’est aussi le cas de WTF (Where They From), sur fond de battle de danse, qui lâche quelques Boys wanna jump on this pussy cat, I come into this bitch like liquid et autres I’m a big mack make you wanna eat that

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