Archives par mot-clé : Shakira

Zootopie

 

zootopie-disney-nick-judy

 

Un peu de mal à suivre les traductions de titre de ce dernier long-métrage Disney : intitulé Zootopia aux États-Unis, il est exploité sous celui de Zootropolis en Europe, il arrive en France sous celui de Zootopie, probablement le plus simple à utiliser en promotion. Zootopie, donc, met en scène un univers où les animaux, forcément bipèdes, « remplacent » les hommes (probablement davantage un monde parallèle où les hommes n’auraient jamais existé qu’un futur post-apocalyptique où les animaux nous auraient remplacés), et où chaque espèce cohabite avec les autres au sein d’une ville nommé Zootropolis. C’est au cœur de celle-ci qu’un improbable duo va se former entre Judy Hopps (Ginnifer Goodwin en V.O) et Nick Wilde (Jason Bateman), un lapin flic et un renard arnaqueur, dans le but de retrouver plusieurs animaux disparus mystérieusement. Autour d’eux, de nombreux personnages plus ou moins caricaturaux (la séquence, drôle mais crispante, autour des paresseux fonctionnaires), portés par un casting de ouf en VO, allant de JK Simmons à Jenny Slate en passant par Octavia Spencer, Shakira, Alan Tudyk ou Idris Elba…

Continuer la lecture de Zootopie

Les 50 chansons de 2014

2014 aura été une année particulière pour moi. Ce petit rituel des 50 chansons de l’année écoulée, que je commence à installer ici, est avant tout un rappel, mainstream certes, mais aussi affectif et sensoriel, de ce que les douze derniers mois incarneront, dans ma mémoire un peu confuse, d’ici quelques années. Il restera donc ça, ces mélodies et ces productions, qui serviront de B.O. aux souvenirs de plus en plus déformés de 2014. Comme l’année dernière, ce classement est donc hautement subjectif, tout particulièrement vers son sommet : on ne parle pas tant ici des titres pop les plus objectivement importants (en termes de vente, de visibilité ou que sais-je) de l’année, mais bien de ceux qui m’ont accompagné, qui ont compté. J’ai essayé de ventiler ici ou là quelques titres français, mais décidément, ce n’est plus du tout ce que j’écoute au quotidien, et il me faut une vraie démarche personnelle de recherche, ou une affinité marquée avec l’artiste, ou alors un gros buzz qui tâche, pour désormais parvenir à la rencontre d’un single francophone. Et comme, huit fois sur dix, le gros buzz qui tâche t’amène à découvrir Black M ou Indila, c’est pas gagné pour des singles français se glissent ici par dizaines. Quant au n°1, on peut discuter de son ancrage en 2013 et de son absence de rotation sur NRJ ou en boîte de nuit, il n’en reste pas moins l’un des phénomènes que l’on retiendra tous de 2014.

Continuer la lecture de Les 50 chansons de 2014

12 mois, 12 moments pop qui ont fait 2014

L’année se termine et, sans qu’on sache trop pourquoi, l’ambiance est toute grise. Comme si 2014 n’avait rien apporté de génial ou de mémorable. Il faut dire que les grandes popstars n’ont pas vraiment illuminé l’année et que le moral mondial semble s’être enlisé dans une vague lassitude post-crise, du genre résignation un peu blasée et fatigue de vivre cette époque complexe dont on espère qu’elle nous mènera, sans avoir à trop s’activer, vers des lendemains qui chantent, une nouvelle ère sans chômage, sans guerres, sans obscurantisme, sans fanatismes, sans individus largués au bord de la route parce qu’ils n’arrivent plus à s’adapter. Une nouvelle ère où on aura enfin réussi à dépasser tout ce qui fait de nos années 2010 une forme de sinistrose géante. Et si, dans la musique comme dans les autres arts, des couleurs criardes, des sons dance putassiers, des stars spectaculairement vulgos et des gros bateleurs ont réussi à faire illusion pendant quelque temps pour nous faire oublier le gris ambiant, 2014 aura été une année bizarrement atone.

 

Continuer la lecture de 12 mois, 12 moments pop qui ont fait 2014

De la surenchère dans les jurys de télé-crochets

C’est donc désormais officiel, après trois saisons (déjà) de bons et loyaux services, Christina Aguilera et Cee-Lo Green quittent The Voice, sur NBC, pour voguer vers les nouveaux horizons de leurs carrières solo : Cee-Lo pour l’album Cee-Lo Green… Is Everybody’s Brother à la date de sortie encore inconnue, et Christina pour Lotus, prévu en novembre et déjà porté par Your Body, un single vaguement dance dont la pochette évoque un disque de Loana. Jusque là, rien de très intéressant (je crois que je vais renommer ce blog comme ça, en fait : Rien de très intéressant) : tous les ans, le mercato télévisuel fait le ménage dans les émissions du petit écran, et au même titre que les animateurs, des jurés de télé-crochet quittent leur poste pour des raisons plus ou moins flatteuses. Là où ça devient étrange, c’est quand on apprend qui seront les remplaçants de Cee-Lo et Xtina : en l’occurrence, Usher et Shakira…

Nan mais sérieusement, depuis quand les télé-crochets sont-ils devenus respectables aux yeux de l’industrie musicale ?? Depuis quand des artistes qui vendent des disques n’y voient-ils plus une compromission, l’aveu d’une notoriété qui s’essouffle ? J’en avais déjà causé ici, c’est vrai que faire un télé-crochet ce n’est pas sale, mais tout de même : que d’évolutions depuis la première Star Ac, mes aminches ! Je veux dire, on ne peut pas tout mettre sur le même plan, mais tu avoueras que Usher et Shakira, ce ne sont pas exactement Varda Kakon et Bruno Vandelli, quoi. Certes, ils ne sont plus tout à fait à leur « sommet » (respectivement atteint en 2004 et en 2002); néanmoins, leurs carrières vont a priori plutôt bien sans avoir besoin de passer par un siège de juré pour The Voice ou The X-Factor (d’ailleurs, quelqu’un sait-il finalement ce qu’est ce fameux « X-Factor » ? Aux dernières nouvelles cela n’avait toujours pas été défini) (juste pour savoir si j’ai moi-même un facteur X ou si je dois plutôt envisager une reconversion dans la confection de paniers garnis). Ils ne le font donc, en principe, pas pour relancer une carrière au point mort, ni pour la riante perspective de participer au tournage de Hollywood Girls dans six mois, mais bien librement. Dingue. Et ce ne sont pas les récentes arrivées de Mariah Carey, Britney Spears ou Nicki Minaj au rang de jurées qui vont inverser la tendance. Alors quoi, juré de télé-crochet, ce n’est plus réservé à des has-been ou à d’obscurs professionnels jusqu’alors inconnus du grand public ?
On dirait un gag…

 

Et bien non. Le retournement a été progressif, cela a mis près de dix ans, et pourtant le jury de télé-crochet est enfin devenu ce qu’il prétendait être depuis le début : des gens qui ont réussi dans le showbizz, qui jugent des gens qui aspirent à y réussir à leur tour. Cela a mis un certain temps, et on eût pu croire que cela n’arriverait jamais tant les télé-crochets ont failli à leur « promesse » de révolutionner le paysage musical et de lancer les pérennes carrières des artistes de demain, mais le résultat est là : en 2012, être juré de télé-crochet, c’est un truc qu’on peut faire même quand on est en pleine promo d’un album à succès, ou entre deux tournées lucratives, juste comme ça, sans honte et pour le plaisir (et pour 20 millions de dollars). Le truc « crédible », quoi. Ce n’est plus le truc un peu sale qu’on n’ose proposer qu’à de vagues chorégraphes, ex-gloires des 80’s entre deux tournées des cafés-théâtres, ou patrons de labels qui y vont en se bouchant le nez tout en clamant haut et fort qu’ils sont convaincus qu’ils vont bientôt signer la nouvelle Sheryfa Luna (lol).
Pourquoi ? D’abord, parce que les producteurs sont prêts à y mettre le fric, bien aidés par des audiences qui se portent bien (du moins aux Etats-Unis), ce qui leur permet de « s’offrir une danseuse » pour capter, au moins au départ, l’attention d’un public qui ne les aurait pas forcément regardés en temps normal. Je me demande d’ailleurs si Britney Spears a un gros impact sur les audiences de The X-Factor. Parce que, soyons honnêtes, il doit y avoir des gens qui regardent cette année uniquement parce qu’elle y est (et parce qu’elle est méchante).
Ensuite, et c’est probablement le signe de la fin de l’innocence (si elle a jamais existé), parce que tout le monde a fini par comprendre, et les chaînes de télévision en premier, que tout cela n’a finalement pas grand’chose à voir avec l’industrie musicale. Car honnêtement, le gagnant, son futur single, sa carrière : on s’en tape, on n’y croit pas trop. Non, le vrai produit, c’est le télé-crochet lui-même : sa dramaturgie, ses éliminations, ses vacheries balancées à la figure d’une jeune donzelle naïve qui pensait sincèrement avoir du talent, ses clashes dans le jury… Bref, que des éléments télégéniques à mettre en scène, et rien de plus. Là où les lofteurs ont compris depuis longtemps que l’émission EST la finalité (et non pas la victoire ou la suite des évènements), les candidats de télé-crochets sont peu à peu en train de comprendre que la même logique s’impose dans les émissions auxquelles ils participent. Alors que l’objectif affiché est la découverte de « talents » et le lancement de leur carrière, il n’en est aujourd’hui plus rien : l’objectif, c’est l’audience immédiate, les ventes en singles digitaux des prestations live sur iTunes, les produits dérivés, la pub, bref l’émission elle-même. Alors on met des moyens, à fond les ballons, dans l’émission elle-même : le jury, le plateau de prime-time de luxe (franchement, quand on revoit le plateau de la Star Ac’ 1 sur YouTube, on dirait une kermesse de village), l’orchestration, les paillettes…
Et si, par hasard, un des gamins qui participent à ces trucs réussit à en tirer quelque chose de plus que des votes par SMS, tant mieux pour lui. Mais ce n’est plus la finalité. La finalité, désormais, c’est de regarder les primes, et non plus d’espérer une hypothétique suite d’effets dans les mois suivants l’émission. A ce titre, une émission comme Danse avec les stars a tout compris : on glamourise l’émission, et même en France où on a dix trains de retard, on se paye une jurée « de luxe » en la personne de Shy’m (qui n’est pas Madonna mais qui est, avouons-le, probablement au sommet de sa carrière depuis un peu plus d’un an et… sa participation à ladite émission), mais on ne te fait pas miroiter une suite merveilleuse à ton passage sur les planches. La finalité des télé-crochets et autres talent shows, ce sont désormais les prime-time eux-mêmes, et non plus la « carrière » lancée ou relancée que les candidats sont supposés en retirer. La belle histoire se passe sur le plateau, pas après. L’après on s’en fout. On est passés d’une télé-réalité qui prétendait mettre en avant (voire aider ?) de « vrais gens », et donc baser son succès sur les candidats et leur supposé glorieux destin, à une télé-réalité où ces candidats ne sont que matière à scénarios, affrontements et autres manipulations (une télé-réalité où l’on doit faire oublier au public que, très probablement, le gagnant ne sortira pas de disque, ou au mieux en vendra péniblement 5 000) : ce qu’on regarde dans The Voice ou X-Factor, ce n’est pas tant le candidat que le suspense, le scénario, la manière dont la production va le mettre dans la dèche ou le porter au firmament le temps d’une soirée. C’est le cirque, débrouille-toi quand ce sera fini pour en tirer une carrière si tu veux, mais on n’est pas là pour ça, ma grande.
Désormais, les carrières d’une Luce, d’une Jennifer Hudson, d’un Stephan Rizon ou d’un Adam Lambert ne sont plus l’objectif réel (l’ont-elles jamais été ?) des télé-crochets : elles ne sont que des effets secondaires, possibles mais pas certains. La vraie star, c’est l’émission, la marque, et tous les éléments constitutifs de cette marque… et donc, le jury.