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La Pop-Pouffe d’août

Bon, on va essayer de faire comme si de rien n’était malgré le traumatisme, vu que ce ouikène il a bien fallu que je me rende à l’évidence : je supporte très bien la présence des bébés, en fait.

S’ils sont silencieux.

Et très petits.

Et qu’ils sont sortis du fondement d’une copine que j’aime beaucoup.

Bref, des conditions restrictives qui font que ce n’est pas tellement un drame que je sois resté gaga devant une miocharde de deux mois et demi pendant mes deux journées normandes. Donc pas la peine de me pourrir ma réput’ de mec qui peut pas saquer les mômes, ok ?

Passons donc, comme si de rien n’était, disais-je, à la ligne éditoriale classique du bloug. On est mi-août, ou à peu près, donc l’heure de la pop pouffe, ou à peu près.

Pas la peine d’aller chercher trop loin, le come-back clipesque du mois, il est là… Et c’est un peu un pétard mouillé, mais bon, ça n’a pas d’importance en fait.

Shakira, donc, la Pop-Pouffe du mois, qui qui c’est ?

(Bonjour le niveau culturel, ici)

Euh, bah puisque tu vivais en Sibérie orientale dans une grotte sans télé ni radio pendant les sept dernières années, on va commencer par te dire welcome back à la civilisation, hein, et pis je vais te résumer le CV de la volaille.

Alors Shakira, en deux mots, c’est le hold-up de ce début de XXIème siècle sur la pop mainstream.

Ne cherche pas à comprendre le phénomène sous un angle social ou affectif, tout est calculé au millimètre près et rien n’est spontané dans l’ascension inexorable de cette vraie fausse bomba latina. Je dis vraie fausse car elle est à la fois plus latina qu’une Jennifer Lopez ordinaire et bizarrement moins latina qu’une Eva Mendes qui sert de caution bomba latina aux films hollywoodiens de seconde zone. Ce doit être à cause de sa teinture blonde…

En gros, la Shaki, elle s’est farcie une décennie de fructueuse carrière dans le tiers-monde (ah, pardon, on me souffle dans l’oreillette que l’Amérique du Sud n’est pas le tiers-monde, sorry) avant de se dire : ras-le-bol des pauvres, allons voir les amerloques, ils ont plus de blé.

Elle a donc teint ses cheveux en blond platine über vulgaire histoire de se la jouer Christina Aguilera (qui, je le rappelle, joue aussi sur ses racines latines histoire de ne pas passer pour une simple poupée gonflable du Mississipi) et a appris l’anglais, histoire d’appâter le chaland texan. J’te rappelle qu’aux Etats-Unis d’Amérique, point de salut pour la culture pop en dehors de l’anglais (à quelques exceptions près, évidemment) (mais globalement, un film ou un alboum de mousique en langue étrangère, bah ça marche bof bof).

Le plan machiavélique est lancé, et en 2002 (enfin, fin 2001, plutôt, mais l’exploitation se fait surtout sur l’année 2002) (bref) (arrête de m’embêter avec des détails), la Shakira sort Laundry Service, l’album de la maturité, contenant uniquement des earworms à haut potentiel sinegueulesque qui, pour la plupart, seront matraqués en radio jusqu’à ce que tu kiffes ta mère.

Le clip de Whenever, wherever est cheapissime, mais la mélodie est efficace et la chanson ne quitte plus le sommet des charts mondiaux (il faudra un come back d’Eminem pour la déloger). Pourtant, à la base, la flûte de pan à la façon des faux indiens qui chantent à la station Châtelet en tenues traditionnelles alors qu’ils vivent dans une maison en dur à Levallois, c’est pas trop ma came, comme pourrait le chanter Carla B.

Mais la mayonnaise a pris, trop tard : Shakira est devenue star internationale, il n’y aura désormais plus grand’chose à faire pour effacer ça. Ne reste plus qu’à capitaliser sur les autres chansons de l’album (Underneath your clothes, The One) pour assurer le maintien des ventes, revenir avec un album en espagnol pour rappeler qu’elle est bien colombienne, faire un double album anglais/espagnol en 2005-2006, chanter la chanson de la coupe du monde de foot, faire un duo avec Beyoncé… Bref, lancer la mécanique de la conquête du monde.

Ainsi, quand on revient en 2009 pour un come back étincelant, on n’a pas trop de pression : on n’a plus grand’chose à prouver à ses détracteurs. De toute façon, de détracteurs il n’y a plus, et il n’y a probablement jamais eu. Shakira occupe un créneau qui était à prendre : la bombe latine à carrure internationale qui vit vraiment en Amérique latine (et qui ne se contente pas de banalement venir du Bronx ou de Brooklyn avec sa famille d’immigrés de deuxième génération) (trop has been).

A son émergence correspond le lent déclin de Jennifer Lopez, qui certes semble désormais se ficher de sa carrière musicale comme de son premier jean taille basse avec Juicy écrit en strass sur les fesses, mais qui a quand même fait quelques albums passés bien inaperçus ces dernières années.

Donc, la pression, Shakira ne l’a pas trop, lorsqu’elle revient avec, devinez quoi, un sinegueule décliné en anglais et en espagnol : Loba / She Wolf. Et c’est vrai que la prestation est plutôt quali, quoique vachement moins calibrée « pop latine » que ses précédents forfaits.

La voix si particulière est là, le sens de la choré aussi (sauf à la fin où elle tente un faux haka genre All Blacks pour dindes). Visuellement il y a un univers, même si ce n’est pas une superproduction, le corps ondule énergiquement et les tenues sont affriolantes. Comme pour prouver que, la trentaine désormais passée (date de péremption de la pop-pouffe éphémère), on peut encore assumer le body couleur chair qui suggère de loin la nudité et la combi noire qui dévoile la cuisse galbée et la fesse ferme. Merci du rappel, Shaki.

Sharon Stone, sors de ce corps.

Bref, c’est pop pouffe à souhait, comme toujours, et à la cinquième écoute on finit par trouver ça objectivement réussi (même si le refrain est vraiment naze). Je ne sais pas si ça cartonnera autant que les sinegueules précédents. Mais est-ce bien important tant que le monde continue à crier au génie et que les tournées font salle comble ? Non, ma bonne dame. Tant que le créneau est libre, Shakira est tranquille : la bomba colombienne impeccablement produite pour inonder les ondes FM, c’est bien elle.

Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii (ou l’effet retouche)

Bon, les enfants, l’heure est grave, tu as déjà du le remarquer en regardant les images (vu que tu regardes les images avant le texte).

Shakira va revenir. Là. Très bientôt. Incessamment sous peu. Autant en emporte le vent.

Mais, comme tu peux le constater toi-même (qu’on ne m’accuse pas encore une fois de faire du mauvais esprit, hein, t’as la preuve sous les yeux, là) :

1) elle est méconnaissable ;

2) le nouveau sinegueule n’est même pas un duo avec Madonna comme on nous l’avait promis depuis des mois ;

3) c’est moi ou Phot*shop décidément ça fait pas que du bon boulot, en termes de crédibilité/réalisme (cf. le futur album de Meuwahia Carey) ?

(Jessica Rabbit outside)

4) Entre blondasse à la Britney et bomba latina à la J.Lo, il va peut-être falloir finir par choisir son camp, non ?

5) En résumé, elle ressemble à Anastacia qui aurait fait une dépression et une cure de désintox… J’attends donc la suite avec angoisse. Je suis sûr que toi aussi, tu angoisses à mort.