Archives par mot-clé : Théâtre

Birdman : showbiz, méta et plan séquence

 

 

Comment rester équilibré quand on n’est plus que la description que les autres font de nous ? Riggan Thomson n’est plus personne. S’il a été une star de la fin des années 80 et du début des 90’s grâce à une célèbre franchise d’adaptations ciné des aventures de Birdman (avec un interprète comme Michael Keaton, l’allusion est un peu grossière, mais bon), il est aujourd’hui essentiellement le ringard que les autres voient en lui. Pour ne rien arranger, il a été un père, un époux, un amant et un professionnel lamentable. C’est de ce matériau de loser vieillissant mais farouchement décidé à se rattraper, plus par égo que par mauvaise conscience, que Alejandro González Iñárritu fait le cœur de son film, récompensé de l’oscar du meilleur réalisateur (un peu usurpé à Wes Anderson mais évidemment mérité par son impressionnant gimmick de mise en scène en plan séquence) et celui du meilleur film (pour le coup, complètement volé à Boyhood).

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Nora Hamzawi au République

nora hamzawi république

 

 

Bon, après le Comte de Bouderbala, Sophia Aram et Sony Chan, je continue de compléter la collec’ des spectacles des humoristes de France Inter. Faut dire que Nora Hamzawi, que j’ai découvert sur le tard (et non, pas grâce à Canal, que je n’ai même plus en clair depuis un an) (et bizarrement, ça ne me manque pas) (ni le Petit Journal, ni les Guignols, ni Michel Denisot, rien) (comment ça, Michel Denisot n’est plus là ??), c’est une de mes marottes de ces derniers mois. C’est en fait par le web que j’ai fini par tomber sur une de ses chroniques sur France Inter. Celle sur les maths, en l’occurrence.

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Différent comme tout le monde

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Je ne connaissais pas vraiment Sony Chan avant de la voir sur scène la semaine dernière. Tout au plus l’avais-je entendue, un peu par hasard, en écoutant une chronique de Nora Hamzawi sur YouTube, consacrée à l’acupuncture, prenant vaguement conscience de la présence de cette autre chroniqueuse humoristique sur France Inter. Continuer la lecture de Différent comme tout le monde

An evening with Christina Bianco

 

J’étais assez sceptique quand l’Homme a booké deux places pour le spectacle de Christina Bianco, qui avait lieu ce vendredi 23 mars, au Royal Albert Hall de Londres. Bon, déjà parce qu’un spectacle à Londres ça ne coûte pas que le prix d’une place de spectacle, hein : il faut se déplacer, se loger (bon, ça, on se débrouille toujours pour squatter chez les amis, hein), manger, rentabiliser un minimum le déplacement en passant un jour ou deux de plus sur place… et ça te fait vite du week-end à cinq cents boules (qu’on a pas forcément) (les cinq cents boules) (je parle d’argent, hein) (bref). L’autre raison de mon scepticisme, c’est que bon, Christina Bianco n’est pas exactement la star la plus incontournable de la planète qu’il faut absolument avoir vu une fois dans sa vie pour-pouvoir-mourir-tranquille-et-sinon-t’es-une-merde-molle : c’est une nénette qui a fait un buzz sur YouTube avec notamment deux de ses vidéos, dans lesquelles elle chante, respectivement, Total Eclipse of The Heart (ci-dessus) et Let It Go de la B.O. de Frozen, en adoptant successivement les voix de divas pop d’hier et d’aujourd’hui. Sa manière d’imiter Céline Dion (sa préférée à imiter, déclare-telle) (et cela se voit), notamment, est une franche réussite. Mais bon, les imitateurs, moi, ça me fait moyen rire, en fait. En France, les Canteloup, Gerra et autres Didier Gustin ont tendance à utiliser toujours les mêmes ressorts « comiques » usés (Hollande le  niais qui bégaye, Sarkozy l’excité au tic d’épaules, Ségolène Royal la virago coincée, Johnny le teubé, Mylène Farmer la suicidaire, Miss France la coconne…) qui perso me laisse de marbre, et dans une registre plus musical, le peu que j’ai vu, à la télévision, de Veronic Dicaire ou de Michaël Gregorio m’a semblé certes bluffant sur certaines imitations, mais bon 1) ça va, c’est bluffant 5 secondes, pas de quoi passer deux heures dessus non plus, 2) globalement, en-dehors des moments d’imitations, c’est pas hyper drôle drôle, et 3) de toute façon je vois pas l’intérêt de se fader la copie, surtout quand l’original est encore vivant et en tournée quelque part. Donc bon, Christina Bianco, avec mon compte à découvert, mon humeur de chien et mes a priori habituels, j’étais bof parti pour kiffer la vaïbe toute la soirée.

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