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En route pour les César 2014

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Les nominations pour les César 2014 seront annoncées demain après, comme l’année dernière, un silence quasi-généralisé sur le suspense qu’on peut en attendre, les front-runners ou les outsiders à attendre de cette cérémonie, qui se déroulera le 28 février, au Théâtre du Châtelet (comme d’habitude). L’année dernière, j’avais eu une moitié de flair en déclarant que si Amour (film franco-autrichien) était sélectionné il raflerait tout, mais avais négligé de souligner 1) qu’il ne remporterait que la quintette majeure (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleur actrice, meilleur scénario) (un sans-faute rarissime, réalisé à ma connaissance par un seul film auparavant : Le Dernier Métro), et 2) que l’autre « favori » de la compétition ne serait pas celui avec qui Amour partagerait le gâteau, Camille Redouble ayant obtenu le peu enviable record de film le plus nommé (13 fois en tout) sans recevoir de César. Pas un seul. Que pouic. Une disgrâce non méritée à mon sens, mais bon, je ne fais pas le scrutin, hein. Comme je suis en veine, je vais donc tenter de dégager les nommés et les favoris parmi la horde de films et d’acteurs qui ont, cette année, une chance de faire le cut.

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Jeune et chelou

 

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Le cliché du réalisateur et de l’actrice, du génie pervers et de la muse-objet, est l’un des plus éculés du cinéma mondial. A peu près toutes les relations marquantes entre un cinéaste et son actrice sont teintées d’un fond de désir, de domination et de manipulation, plus ou moins artistique (et donc plus ou moins saine), d’un côté ou de l’autre. C’est Alfred Hitchcock et ses héroïnes blondes dont il s’amourachait toujours. Claude Lelouch qui n’a pratiquement fait tourner que des actrices dont il était amoureux. Lars Von Trier qui tortura si bien Björk sur le tournage de Dancer in the dark que, malgré les louanges à la clé, elle ne voulut plus jamais tourner pour le cinéma. Luis Buñuel qui salit la beauté bourgeoise glacée de Catherine Deneuve (une marotte dont elle se resservira plus tard, parce qu’une fois qu’on a tourné avec les plus grand réalisateurs contemporains et qu’on n’a plus rien à prouver, pourquoi ne pas casser son image de Madame glaciale en tournant des comédies grasses ? Depuis quelques années, l’accessoire chic des comédies françaises grand public, c’est Catherine Deneuve qui dit une grossièreté). Ces derniers jours, ce sont les anecdotes traumatisantes de tournage de La Vie d’Adèle, la dernière Palme d’or cannoise fort opportunément pas encore sortie en salles (mais bientôt), qui ajoutent à l’imaginaire du réalisateur tyrannique et de l’actrice manipulée, malmenée, réduite au rang d’objet condamné à se plier à la vision de l’auteur, même si des heures de soumission ou de torture mentale doivent s’avérer nécessaires.

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