all your boys

L’autre jour, j’ai revu Edmer. Ça faisait bien six mois. En raison de mon départ, ils sont quelques-uns, anciens amants et plans cul réguliers qui ne donnaient plus trop de nouvelles, à s’être manifestés pour se revoir une dernière fois avant mon départ. D’ailleurs Edmer lui-même l’a verbalisé, sur l’oreiller, alors qu’il s’apprêtait à repartir. « Before you leave you’re going to see all your boys one last time ». All my boys. Et c’est vrai que ça a déjà commencé. Richard dit que c’est parce que maintenant que j’ai une date de départ, je suis devenu une « limited edition ». Des gens qui avaient d’autres priorités me trouvent soudain désirable à nouveau, puisque s’ils veulent recoucher avec moi sans engagement ou implications sentimentales, c’est maintenant ou jamais. La sensation d’urgence et d’accès limité a fait remonter ma cote sur le marché. Même mon barbier a tenté un move lorsque j’ai mentionné mon départ prochain, alors même que je n’avais jamais capté la moindre pointe d’intérêt pour ma personne de sa part. Du coup, j’ai beau être occupé à préparer mon retour en France, je me retrouve avec un carnet de bal chargé pour une bonne partie du mois de juin, et des gars qui veulent me revoir encore une fois, ou peut-être deux. Pas forcément pour du sexe, d’ailleurs. Parfois c’est un verre, un cinéma, un resto. Mais la dimension « une dernière fois pendant qu’il est encore temps » est assez évidente. Peut-être que les gens veulent simplement fermer la page proprement, par politesse ou par considération. Je ne crois pas vraiment à la notion de « bon coup », alors je ne pense pas en être un. Je ne crois pas qu’il y a des « bons coups » et des « mauvais coups ». Je crois qu’il y a des compatibilités et des incompatibilités sexuelles. Certains mecs m’adorent au pieu. Certains m’ont essayé une fois et ce n’était manifestement pas trop leur truc. Certains ne voulaient coucher avec moi qu’ine fois pour m’accrocher à leur tableau de chasse ou ajouter un chiffre à leur bodycount. Je ne sais pas. Peut-être que dans chaque amant il y a aussi un ami qui est un peu triste de me voir partir et de savoir qu’il ne me reverra vraisemblablement jamais. Moi, du moment que le mec ne s’est pas comporté comme un connard, ça me fait plaisir de le voir et de lui dire au revoir. Même si ce n’est qu’un désir passager pour une édition limitée.

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