à mes amis, à mes amants, et à tous ceux qui ont compté en Californie

Il y a quelques jours, j’ai eu l’impulsion sentimentale d’ajouter un tatouage à ma collection. Je voulais un truc discret, petit, un pin’s dans mon dos en quelque sorte. Pour le laisser derrière moi comme un passé, mais pour ne pas l’oublier non plus. Il me rappellera que si je suis arrivé en Californie en 2024, c’est en 2025 que j’ai commencé à y vivre pour moi, à goûter à la liberté de recommencer et à m’ouvrir de nouveau à rencontrer des gens et à leur faire confiance. Ce tatouage est mon modeste hommage à ces personnes qui m’ont donné un peu de leur temps, un peu de leur amitié et un peu de leur histoire, pour m’accueillir dans leur vie, ne fût-ce que quelques jours. À tous ceux qui ont fait une différence positive quand je luttais contre la mélancolie, le mal du pays ou la sourde impression d’avoir fait une énorme connerie en venant ici.

À Brett, l’une des meilleures personnes que j’aie rencontrées ici, qui m’a vu, m’a entendu, m’a cru et m’a redonné envie de faire confiance à quelqu’un.

À Randa, qui m’a épaulé dans les pires instants.

À Umberto, qui le premier m’a spontanément fait confiance une nuit entière.

À Elijah, qui a été si patient avec moi et m’a élevé au « level 2 » de son échelle des amants juste parce qu’il aimait le temps passé avec moi.

À Anthony, qui aurait pu être mon petit ami, mais il était encore trop tôt.

À Sunil, qui aurait pu être mon petit ami, mais il était déjà trop tard.

À Finn, qui m’a fait le cadeau de ne pas passer Noël seul et a toujours été si heureux de dégager du temps pour me voir à chaque fois qu’il venait à SF.

À Lena, qui a été une binôme géniale et une amitié naturelle et spontanée.

À Timothy, qui m’a fait découvrir tant de restaurants et de secrets.

À Brett, le deuxième, qui m’a ouvert sa porte à Seattle et qui est l’une des personnes les plus douces et non-jugeantes que je connaisse.

À Marisa, qui a toujours un compliment ou un mot gentil pour chacun.

À Richard, qui est celui qui me manquera le plus, qui m’a fait me sentir en sécurité à chaque instant et qui, je crois, a pris plus que quiconque le temps de m’écouter.

À Tony, qui m’a laissé le consoler quand il était triste et vulnérable, et qui m’a du même coup rappelé que j’étais de nouveau assez fort pour consoler quelqu’un.

À Jon, avec qui tout semble toujours si fluide et naturel.

À David, qui m’a tant facilité les choses à l’université.

À Ramses, qui m’a intimidé si longtemps que je n’ai pas compris à quel point il pouvait me ressembler.

À James, qui n’a jamais manqué de me faire signe quand il passait à San Francisco, et que je faisais tellement sourire.

À Russell, qui s’illuminait toujours d’un immense sourire et d’un enthousiaste salut lorsqu’il me croisait.

À Troy, qui était si rayonnant, si slutty et si bienveillant, et qui me manque.

À Derrick, qui ne me devait rien et m’a pourtant aidé.

À John, qui m’a montré qu’on pouvait se remettre de ruptures plus douloureuses que la mienne.

À Eli, dont la voiture s’est retrouvée à la fourrière à cause de moi.

À Edmer, qui s’encanaillait avec moi mais qui partageait aussi sa cuisine.

À Brendan, qui m’a fait me sentir beau et protégé.

À Alan, dont je ne m’explique toujours pas l’alchimie et les étincelles qui se créent dès que je me retrouve à moins de cinq mètres de lui.

À Leo, qui était si beau que je me demandais ce qu’il faisait dans mon lit.

À Jessie, qui a illuminé ma Pride 2025.

À Joe, qui m’a démontré que rien n’est impossible.

À Ahmed, qui m’a rassuré lorsque j’aurais pu me sentir slut shamé.

À Jerson, qui a toujours été cool et sur la ligne entre le flirt et l’amitié.

À Saxon, qui m’a laissé faire partie de son retour à San Francisco alors qu’il avait clairement plein d’autres choses à faire.

À Tasneem, qui était si bienveillante avec tous ceux à qui elle parlait et se comportait comme une maman avec ses camarades de classe.

À AJ, qui est devenu mon ami et qui va tellement plus me manquer maintenant que dix heures d’avion vont nous séparer.

À Jesse, qui me parlait de sciences et de sexe avec la même érudition et le meme sens du partage.

À Alex, qui avait toujours un sourire en coin quand il me voyait à The Eagle.

À Manuel, qui m’a offert son amitié dès la première minute alors qu’il aurait pu me draguer.

À Rammy, qui avait peur de tomber amoureux.

À Jay, qui avait toujours un avis et une théorie très élaborée sur tout.

À Arturo, qui m’a dit que je l’avais fait se sentir spécial.

À Devin, qui a dansé avec moi et m’a offert son amitié sans arrière-pensée alors qu’il était en train de tomber amoureux de son copain.

À Mark, qui dégageait une énergie électrique et érotique lorsque son bras frôlait le mien.

À Mikee, qui a voulu être mon dernier au revoir.

Et à tous les autres, qui ont fait de ces deux années quelque chose de positif, qui m’a redéfini et redessiné, sans que je sache encore trop bien en quoi j’ai changé.

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