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« En Famille », sur M6, va prendre cher

Mes escalopes milanaises, on m’a encore invité chez M6. Et moi, bah à moins d’avoir déjà un truc de prévu, je refuse rarement une invitation. C’est peut-être un défaut de blogueur non influent, va savoir. Toujours est-il que, malgré les gentillesses que je leur ai jusqu’à présent pondues lorsqu’ils m’ont invités, les gens de chez M6 ne sont pas rancuniers. Ou alors ils rient jaune en lisant ce que j’écris, mais ça leur plaît quand même. Je ne sais pas trop. En tout cas j’ai encore été invité. Je me flatte de croire que c’est parce que je rédige des articles qui reflètent vraiment mon avis, plutôt que de recracher mot pour mot le communiqué de presse. Mais peut-être que c’est simplement parce qu’ils ne lisent pas mes articles, en fait. Alors accrochez-vous à vos slips, les gars, aujourd’hui je vais vous causer de votre nouvelle série, En Famille, qui commence ce soir…

Pour clarifier ma position, déjà, sache que je ne suis pas très client des formats semi-courts, dits shortcom, à la Scènes de ménage ou Un gars, une fille. J’aime bien les saynètes rigolotes, mais quand c’est élevé au rang de concept et poussé jusqu’au point du défilé de scènes comiques qui ne forment pas vraiment une histoire, ça me lasse assez vite. J’aime bien les personnages mis dans des situations marrantes (quiproquos, vannes cinglantes, démonstrations de mauvaise foi), mais pas quand ces situations ponctuelles sont, en permanence, une fin en soi : ce format de comédie, surtout pour une série, empêche les personnages d’évoluer, les enfermant dans des scènes de trois minutes maximum qui inhibent toute intrigue et toute profondeur psychologique. Pas le genre de série dans laquelle j’ai envie d’investir du temps en devenant fidèle. Pour prendre l’exemple de Scènes de ménage, cela fait maintenant un moment que ça dure, et franchement on ne voit pas trop les personnages évoluer ou au moins révéler des facettes un peu plus profondes que les clichés qu’ils incarnent. Liliane est toujours la même bourgeoise coincée un peu niaise qui parle avec une voix irritante et ne fait à peu près rien d’autre à l’écran que se livrer des tâches ménagères ; Raymond est toujours un archétype de vieux con misogyne, crade, obtus et pas très sympa ; Marion est toujours la même ado attardée un peu cruche qui cherche vaguement du boulot… Bref, ça n’avance pas, et le format n’aide pas. Pire, parfois, les mini-scènes et situations comiques prennent tellement le pas sur une éventuelle histoire des personnages que ceux-ci finissent par vivre des situations contradictoires d’un épisode à l’autre. Chouchou et Loulou ne sont pas tant des personnages que des incarnations archétypiques des deux faces d’un jeune couple trentenaire lambda ; mademoiselle peut alors être une féministe militante et vindicative dans un épisode, et une faible nunuche implorant l’aide de son homme viril dans l’épisode suivant, selon les besoins du gag du jour. Pour peu qu’on ne trouve déjà pas les clichés montrés à l’écran absolument hilarants, la répétitivité et le manque de cohérence peuvent au final s’avérer carrément rédhibitoires.
Bref, je suis pas le meilleur client de ce format de série comique semi-courte, que je trouve finalement sans réelle profondeur.
Mais quid de la nouvelle série du genre, En Famille, lancée ce soir pour, le temps d’un été (et plus si affinité) prendre le relais de Scènes de ménage, qui a offert à M6 une nouvelle heure de gloire pour sa case horaire de 20h10, laquelle a longtemps été moribonde à force de ne pas savoir reproduire le succès des sitcom US des années 90 (Une nounou d’enfer, Notre belle famille, chacune diffusées environ douze fois), avant de faire quasiment jeu égal, aujourd’hui, avec Poubelle la vie sur France 3 ? J’ai donc eu de premiers éléments de réponses, puisque j’ai assisté à une projection des premiers extraits de la série, et ensuite les comédiens et la prod’ ont répondu aux questions du parterre de blogueurs présents (c’est un peu toujours pareil, en fait, les évènements blogueurs).
Alors, comment dire… ? Bah c’est très clairement dans la veine de Modern Family, hein, mais apparemment c’est moyen assumé par la chaîne. Enfin si, la question a été abordée lors de la conférence, mais nous avons été gratifiés d’une réponse sur la défensive, façon « Nan mais en fait c’est Modern Family qui a copié sur En Famille (lol), le projet était dans les tuyaux chez nous bien avant que la série de Christopher Lloyd et Steven Levitan ne débarque sur ABC ». Bon, alors les gars, si c’est vrai, il fallait peut-être admettre que vous vous étiez fait doubler, ravaler votre fierté et remiser le projet dans ses cartons. Parce que là, ça ressemble au mieux à une parodie, au pire à un plagiat de Modern Family. Un sous-produit, en tout cas. Et comptez bien sur les réseaux sociaux, voire sur l’ensemble des téléspectateurs, pour y penser. C’est bien simple, c’est Modern Family, en français, adapté au format semi-court de Scènes de ménages (décors intérieurs uniquement, mini-scènes, interactions de 45 secondes entre les personnages au format blague) et en évitant de copier juste assez d’éléments de Modern Family pour que ce ne soit pas un ersatz trop grillé.
Parce que sinon, vraiment, tout y est. Le format mockumentary. Les interviews de personnages en aparté, juste avant une scène qui illustre leur déclaration (ou la contredit, selon les cas). Le patriarche de famille un peu bourru qui aime bien son gendre mais qui ne veut surtout pas que ça se voie (quand il parle, on croirait vraiment voir le Jay Pritchett français). Le gendre un peu gêné qui enchaîne les bides devant son beau-père, à la Phil Dunphy. La mère de famille un peu control freak, à la Claire Dunphy. La mère de famille divorcée marrante et vaguement hystéro, à la Gloria Pritchett. L’adolescente mignonne et manipulatrice visiblement plus intelligente que les autres membres de la famille, morphing d’Alex et de Haley Dunphy. Le grand dadet ado un peu bêta, savant mélange de Luke Dunphy et de Dylan… Alors certes, contrairement à Modern Family, il y a une mamie et il n’y a pas de couple gay. Mais sinon…
La bonne nouvelle pour En famille, c’est que c’est quand même pas trop mal fichu, les comédiens se sont amusés sur le tournage et ça se voit. Et dans la mesure où la VF de Modern Family (diffusée justement cet été sur… M6) (je me demande s’ils l’ont fait exprès ?) est une horreur qui donne envie de se jeter par la fenêtre, il est peut-être bon de proposer aux téléspectateurs une série de ce type en français. Laissons Modern Family à sa VO et à ses vrais fans, qui regardent de toute façon la série en VOST et en temps réel par rapport à la diffusion américaine, et offrons aux téléspectateurs de M6 une vraie création originale. Le défi de M6 dans les prochaines semaines ? Faire oublier cette filiation un peu trop évidente avec la série d’ABC, et se servir de ces ingrédients certes similaires pour proposer à ses téléspectateurs une vraie création comique originale, en espérant que le public adhère. Ce qui n’est finalement pas mission impossible. Va savoir si les prochains épisodes de la série ne me donneront pas tort.

On a la vie trop belle

Il y a quelques semaines de cela, j’ai été l’objet d’une intervention de la part de Lisa et Osmany, les deux trublions de NoSite qui, à l’occasion, me sortent de ma routine et me font découvrir les riantes perspectives mondaines qui s’ouvrent aux blogueurs parisiens qui ont le bon goût de s’intéresser à des choses aussi essentielles que les séries, les télé-crochets ou les sucreries. Ils ont tenté d’intervenir sur mon hygiène de vie, et notamment sur l’une des raisons pour lesquelles ma mère me houspille depuis environ quinze ans (la pauvre). Enfin, ça, ils ne le savaient pas vraiment. Mais du coup, ils m’ont plongé dans un abîme de réflexions existentielles. Je te jure, je devrais arrêter de parler aux gens, moi.

Il se trouve en effet que mon régime alimentaire présente de nombreuses particularités. Un peu trop nombreuses pour être énumérées ici, cherche pas. Mais parmi elles, une particularité s’explique par ma déplorable hygiène de vie. J’aime deux choses plus que tout au monde (oui, plus que TOUT au monde) : absorber des contenus ludiques sur écran (TV, web, ciné : c’est bien simple, je suis pas regardant, je suis dépendant), et dormir. Deux passions qui se combinent parfaitement, la plupart du temps, entre 20 heures et 8 heures du matin en semaine, et environ 22 heures sur 24 le week-end (il faut quand même garder du temps pour se laver et ses sustenter, on n’est pas des pierres). En gros, je vais au ciné ou je mate des séries jusqu’à pas d’heure, et je dors tout mon saoul ensuite, à quelques exceptions près. Couch potato is my nickname.
Là où le bât blesse, c’est le matin, où un choix s’offre systématiquement à moi : se lever pour prendre le petit déj’, ou roupiller dix minutes de plus. Un choix pas très cornélien, puisque je fais presque toujours le même, jusqu’au moment où j’entends la voix de Pascale Clark dans le radio-réveil, qui me fait réaliser que je suis méga à la bourre et me fait directement sauter du lit à la salle de bains. Du coup, l’étape du petit déjeuner, du lundi au vendredi, il y a bien longtemps que je l’ai oubliée. A partir de 11 heures du matin, mon estomac fait parfois un bruit de moteur d’avion pour manifester son mécontentement, mais globalement, je le gère super bien. Remarque, c’est peut-être pour ça que je suis tout le temps crevé… Bref, j’ai une hygiène de vie d’adolescent de seize ans, sauf que j’en ai maintenant onze de plus et que mon corps entier semble s’affaisser comme une pyramide de chantilly éventée laissée à l’air libre.
Alors quand mes deux compères m’ont proposé de découvrir les joies d’un petit déjeuner livré à domicile, je me suis dit que c’était une belle occasion de redécouvrir ce rituel sacrifié, avec le petit bonus du majordome en livrée. Je me suis donc tenu semi-éveillé prêt quand ils sont passés, un samedi matin à l’aube 11 heures, pour me livrer mon petit déjeuner et me donner une petite leçon de nutrition pour les nuls. Arrivé au point où j’en suis (1 verre de soda = 1 de mes 5 fruits et légumes par jour), ça ne pouvait pas me faire de mal.
J’ai donc appris ma leçon du mois : les céréales, c’est bien. Ok, le petit raid organisé dans mon appartement était à l’initiative de Matins Céréales (le syndicat des céréales du petit déjeuner) (je savais même pas que les céréales pouvaient se syndiquer), du coup le message était orienté. Mais c’est pas grave, parce que moi j’adore les céréales. C’est juste que d’habitude je les mange au dîner goûter. J’avais juste besoin d’un rappel sur leur fonction première, en somme. N’empêche, ce n’est pas si chronophage que ça à manger, même en se levant vingt minutes avant de quitter le logis cosy pour gagner en chouinant le métro qui pue ; et avec un café et un fruit, ça permet de tenir jusqu’à 13 heures, easy. Enfin, si je dis ça, c’est surtout pour mon cas, parce que mon ventre est habitué à vivre ses matinées à la warrior. 
En conséquence de tout ça, enchanté de cette nouvelle perspective de gain de temps, de teint frais, de productivité et de silence pour les malheureuses oreilles de mes collègues, le lundi matin qui a suivi… bon bah j’ai dormi jusqu’à 9h10 parce que mes convictions sur le timing matinal avaient été complètement chamboulées par cette révélation céréalière, et j’ai encore une fois zappé le petit déj.

Mais j’essaye vachement plus régulièrement de manger le matin, depuis. Promis. D’ailleurs, j’ai acheté des céréales. Certes, ce sont celles pour les gamins, avec des paquets rouges, bleus ou orange fluo, mais c’est un début. La prochaine fois, j’essaye un des paquets blancs un peu boring illustrés avec une charrette dans un champ, pour faire les choses comme il faut. Prochain objectif : la diète préparatoire pour me payer des vacances être bonnasse à la plage. Merci les céréales !