Britney a quarante ans

Cela faisait un moment qu’on le voyait venir. Après les 40 ans de Beyoncé en septembre, place à ceux de Britney aujourd’hui. Pour ceux qui, comme moi, l’ont suivie depuis le début, et pour qui elle a été la première global popstar « à nous », pas empruntée à nos aînés, ça met un coup de vieux, relativisé par le très jeune âge auquel elle a commencé : c’est normal qu’elle ait 40 ans, ça fait si longtemps qu’elle est là, dans nos vies. Le showbiz étant ce qu’il est, 40 ans, c’est souvent le moment où les chanteurs et chanteuses sont scrutés d’un regard nouveau. Un mélange de coup d’oeil dans le rétroviseur et de légère appréhension face à l’avenir.

C’est que, 40 ans, c’est la midlife crisis. Qu’ai-je accompli, que vais-je devenir maintenant ? Dans la pop music, 40 ans c’est la croisée des chemins. C’est le moment où on a acquis un public fidèle et mis en place un back catalogue de quelques tubes qui nourriront toujours les tournées, et c’est le moment où on sent qu’on n’en cumulera plus avec autant d’aisance.

Le paysage musical et l’industrie ont bien changé, mais les vieilles habitudes ont la vie dure : une Madonna ou une Sia cartonnant après leurs 40 ans sont davantage l’exception que la règle. Coûtant cher à leur label après 15 ou 20 ans de carrière, les popstars « confirmées » sont de moins en moins faciles à « vendre » à des ados qui cherchent souvent à faire émerger leurs propres artistes plutôt qu’à se définir à travers les mêmes goûts musicaux que leurs aînés. Britney ne fait pas exception. Pour un gamin né en 2005, elle fait figure d’antiquité, présente des années avant sa naissance, dont d’ailleurs les plus gros tubes datent d’avant sa naissance aussi : concrètement, Baby one more time et Toxic semblent davantage avoir gagné leurs « lettres de noblesse » avec le temps que les pourtant très bons ´Til The World Ends, Slumber Party ou Hold It Against Me. Même l’hymne gym queen Work Bitch n’a pas la même aura que la période 1999-2004 de Britney.

Et pourtant, comme pour Michael Jackson ou Madonna avant elle, Britney Spears a de grandes chances de passer le cap de la quarantaine avec panache.

D’abord, il y a un public fidèle. Pas celui qui achète le plus de disque. Mais de ceux qui font de chaque nouvel album, de chaque nouvelle ère, un événement. Britney Spears est l’une des chanteuses les plus célèbres de la planète, indépendamment du talent qu’on lui trouve. Depuis 22 ans, plus de la moitié de sa vie, chacun de ses albums, chacune de ses tournées, ont été de véritables blockbusters, et l’ampleur du phénomène médiatique Britney (soyons honnêtes, dire son nom de famille n’a même jamais été utile, elle truste le prénom Britney, il lui sera toujours associé) ne s’est jamais démentie, même si les ventes d’albums ne sont plus ce qu’elles étaient.

Et puis, il y a ce nouveau statut de femme libre, bien sûr, après la bataille médiatique et judiciaire à laquelle nous avons tous assisté autour du hashtag #FreeBritney. Dans sa discographie, teen pop puis dance pop, Britney Spears n’a jamais été avare d’allusions à ses difficultés personnelles, de Piece of Me à Everytime en passant par Overprotected. Après plus de vingt ans à chanter sur la cage dorée dans laquelle elle a été scrutée et tournée en bourrique, difficile de ne pas attendre avec délectation les hymnes à l’empowerment et à la liberté retrouvée que les songwriters les plus cotés de la planète ne manqueront pas de se battre pour lui écrire.

Qu’elle décide de re-chanter vite ou de se consacrer à son futur mariage et à la reprise en main de sa vie, Britney Spears, à 40 ans, entre dans un âge de tous les possibles, de toutes les promesses.

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