Archives par mot-clé : Amy Winehouse

Oscars 2016 : nominations attendues, palmarès incertain

 

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Les nominations pour les oscars 2016 ont été annoncées aujourd’hui, dans la foulée d’une cérémonie des Golden Globes légèrement surprenante, dimanche dernier. Dans une année présentée comme indécise, dépourvue de favori s’imposant d’emblée, on pensait que l’association de la presse étrangère hollywoodienne répartirait équitablement ses trophées et miserait sur le drame journalistique Spotlight. Faisant la course en tête en nombre de nominations, le film de Tom McCarthy est pourtant reparti bredouille, tout comme Carol et The Big Short, autres dramas de prestige qui briguaient les récompenses et semblaient, il y a encore quelques semaines, faire la course en tête. Les oscars vont-ils réparer cette apparente hécatombe ou, chose rarissime, dérouler le tapis rouge au même réalisateur, Alejandro Iñárritu, deux années de suite (seuls Joseph Mankiewicz et John Ford l’ont fait avant lui, et c’était il y a plus de soixante ans) ? Les survivants des principales catégories, après tous ces rebondissements, sont donc :

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Amy Winehouse, star par accident

 

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J’étais, comme beaucoup de bobos de merde, curieux de découvrir le documentaire sur Amy Winehouse, dosage parfait de hype cannoise, de plébiscite critique et de curiosité malsaine pour une chanteuse morte qui combinait à merveille la respectabilité musicale des artistes adulés par Pitchfork et les frasques paparazzées d’une Lindsay Lohan. Amy Winehouse, un peu comme Whitney Houston, traînait une telle image d’épave toxicomane, qu’elle peinait à cacher lors de ses apparitions publiques, qu’elle était devenue une source de rigolade, et qu’on a tous été un peu mal à l’aise quand elle est vraiment morte de ses addictions, et que les nombreux sketches et vannes à son sujet ont pris un tour plus amer. Et c’est cela, semble-t-il, que le réalisateur Asif Kapadia a voulu explorer et, si possible, un peu corriger avec son documentaire Amy. Déjà auteur  d’un doc sur Ayrton Senna, sa manière d’aborder son sujet en tant que personne ordinaire poussée vers une vie extraordinaire a plu au label de la chanteuse, qui a probablement eu envie de réhabiliter l’artiste qui, contrairement à ce qu’on pourrait penser, était loin d’être ingérable quand elle était en état de travailler. En témoignent des séquences en studio et un duo avec Tony Bennett qui prouvent que, même lorsqu’elle n’était pas tout à fait clean, elle était sincèrement dévouée à son art, et très professionnelle.

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Vinsh, le blog qui fonctionne environ une semaine par mois

Oui, je sais, je me suis absenté. Longtemps. Presque un mois, oui. C’est que contrairement aux apparences, et une fois de plus, le mois de juillet ne rime pas avec vacances. Ce qui est un peu l’arnaque la plus sournoise du monde adulte. Je te jure, parfois, avoir 6 ans et rien à foutre en attendant la rentrée du CP apparaît presque comme une situation enviable. Heureusement qu’il nous reste le shopping. Et encore, ça, c’est seulement quand on ne se foire pas dans le choix des tailles (note pour plus tard : ne plus jamais faire les soldes sur le web). Life sucks, mes oursons en guimauve, life sucks.
Et toi, sinon, ça va ?

Bon, le pire dans toute cette histoire, c’est qu’il y en avait, des trucs à commenter, tweeter, facebooker, bloguer et loler ce mois-ci. Entre les guerres, les crises, les attentats, Tristane Banon, la Grèce et la mort d’Amy Winehouse (suspense insoutenable d’ici quelques jours : mort accidentelle ? Overdose ? Suicide ? Chute dans les escaliers ? Asphyxie avec une miette de biscotte ? Y avait-il des chansons prêtes pour le prochain album ? Comment les ayants droits vont-il gérer et exploiter le cadavre encore tiède sans que ça ne se voie trop ?), c’est vrai qu’on rigole…
Le manque d’inspiration a pu me frapper, aussi, de même que la flemme. Pas vraiment que ça manquait d’actualité morue à te disséquer amoureusement, nan, juste une petite flemme, en rentrant du boulot le soir, à saisir l’ordi et le clavier pour y coucher plus de 140 signes. Oui, Twitter a frappé. Chez moi comme chez plein de blogueurs. C’est que c’est tellement plus simple, de lâcher un micro-commentaire lapidaire sur Matthew Raymonde-Barker de Nouvelle Star X Factor ou la dernière gaffe d’un agriculteur romantique de Misère sexuelle agricole L’amour est dans le pré. Plus rapide aussi. Et la rapidité, tu sais, c’est important sur le ouèbe. J’ai lu ça dans Elle.
Hier soir, vers 23 heures, l’ex-co-loque me téléphonait pour m’informer du décès d’Amy Winehouse. Bon, j’étais au courant depuis plus de trois heures, mais elle était coincée chez sa mémé en Corrèze et venait seulement de recevoir l’alerte de son opérateur sur son téléphone, privée par conséquent de la tourmente qui s’était emparée de toutes les TL Twitter et Facebook. Outre la probable véritable raison de son appel (« je m’ennuie à mourir en Corrèze »), le sujet de son appel éclairait la rapidité et la réactivité du micro-blogging dans les situations de grosse actualité (qu’elle soit people, musicale ou d’un autre ordre). Cette conversation à base de « T’as vu ? Amy Winehouse est morte !! » était complètement à la ramasse, niveau timing. Mais le fait est que, depuis hier soir 20h, il m’a été impossible de rencontrer quelqu’un sans que le sujet de cette pauvre Winehouse ne soit évoqué.
27 ans, c’est presque mon âge. 27 ans, pour crever, c’est moche, très moche. Même sous la houlette glamour du Club des 27. Et surtout à notre époque de surexposition médiatique, où nous avons tous regardé Amy Winehouse sombrer, commentant de temps en temps ses turpitudes, riant de son côté épave rock’n’roll, affirmant doctement qu’elle était incorrigible et qu’elle serait toujours une pauvre camée célèbre, coincée pour toujours entre deux désintox’. C’est qu’elle avait enfoncé le clou dès son premier tube international en 2007 en chantant son refus d’aller en cure. Je ne savais pas ce que signifiait le mot rehab avant qu’elle n’en fasse un tube, et bizarrement elle a contribué à le populariser dans la bouche des français et de leurs médias. On ne lit ni n’entend plus beaucoup le mot désintox’, depuis Amy Winehouse. Elle est en rehab, ça sonne mieux. Mais malgré ce qui ressemble aujourd’hui à un funeste instant musical de lucidité, qu’avons-nous fait pour la sauver ? Rien. Pouvions-nous faire quelque chose ? Probablement pas. Sans faire partie de l’entourage proche de cette fille, comment l’aider, la raisonner, lui arracher sa seringue des mains ? D’ailleurs, même en les côtoyant pour de vrai, peut-on, nous qui ne sommes ni médecins ni rien, aider des toxicomanes de manière décisive ?
L’amour des fans est une source de motivation énorme, paraît-il. Mais le grand public, blasé, qui ne croit qu’aux tubes, a-t-il jamais eu une réelle inquiétude pour le sort de cette rock star toxico ? Cela fait partie du plaisir du rock, probablement, d’admirer quelqu’un qui se brûle les ailes et la vie, quand soi-même on en serait bien incapable, à construire notre existence dans les clous de la société et à nous encanailler dans les seuls produits culturels. Alors pourquoi, et de toute façon comment, aurait-on pu dire à cette fille d’arrêter la descente ? La postérité d’une étoile filante, pouvait-elle espérer mieux ? Une question que se poseront peut-être d’autres starlettes camées dans les prochains mois. Alors, si c’est possible, tentons de nous amender : sauvons Lindsay Lohan.