L’homme que j’aime


 


Il y a quelques mois, ma vie a changé. Mon entourage l’a remarqué, et un paquet de gens qui me suivaient alors sur les réseaux sociaux aussi. Ils ont d’abord remarqué ce garçon qui s’est soudainement mis à apparaître sur mes photos, puis ils ont appris que je m’étais séparé de celui qui allait devenir mon ex-mari, et enfin, les plus proches ont rencontré ce nouvel homme, ce nouvel amour entré dans ma vie, et ont été enchantés de nous voir si heureux ensemble.

 

Une question qui m’a été posée par mes amis est la suivante : on voit bien que tu es amoureux, on le voit à ton sourire quand tu parles de lui, on comprend bien ce que tu ressens pour lui, tu es éloquent sur le sujet, on a bien compris ton ressenti. Mais qu’en est-il de lui ? Quels sont les traits de sa personnalité et de sa personne qui font que tu l’aimes ?

 

J’ai des difficultés à répondre à ce genre de question. Je sais ce que je ressens, mais je n’arrive pas toujours à l’attribuer à des raisons factuelles ou rationnelles. Il m’est difficile de lister des qualités à une personne, comme si ces qualités étaient les conditions de mon amour. Comme si sans ces qualités, je ne pourrais pas l’aimer. Je crois qu’on aime une personne en entier, qualités et défauts compris. Je pense que je l’ai aimé avant de connaître toutes ses qualités et tous ses défauts. Je pense que je l’aime parce que je ne peux m’en empêcher. Un truc qui relève de l’alchimie, de l’amour qu’on ressent sans pouvoir se l’expliquer, simplement parce que c’est lui et parce que c’est moi.

 

Évidemment, des qualités, il en a des tas. Il est beau, sexy, rieur, solaire, tendre, enthousiaste, viril, doux, drôle, responsable, spontané… Et tout cela participe au bonheur de partager son quotidien, je ne le nie pas.

 

Mais je crois que je l’aime avant tout pour ce qu’il déclenche chez moi : une tendresse et un désir profonds, une vision de l’avenir ensemble, et l’envie d’être une meilleure personne pour vivre cet avenir. La meilleure version de moi-même que je puisse être, pour être digne de la beauté de ce que nous vivons ensemble.

 

Cela ne vient pas sans son lot d’inconvénients. D’abord, j’ai tout le temps peur de le perdre. Qu’il perde patience avec moi et ma situation immobilière et financière, qui fait que je suis encore un peu coincé à Lyon, le forçant à une relation à distance qui le mine. Et puis, il a un sacré caractère. Comme moi, un peu, mais de manière très différente, aussi. Après quelques mois passés avec lui, je me surprends à adopter certains de ses traits de caractère, à avoir besoin d’être rassuré souvent, à laisser des insécurités personnelles me dicter mes mots et mon comportement. Il a parfois une dureté, un pessimisme dans sa manière de voir les situations. Ça me ravage. Je trouve ça souvent dur, voire injuste. Je voudrais qu’il ne souffre pas, qu’il croie en moi et en nous, qu’il ne doute jamais. Qu’il ne souffre jamais. Pour le doute, je crois que ça y est, peu à peu, on y parvient, ça s’améliore. Il a commencé à comprendre qui je suis, à comprendre que malgré la distance et une relation commencée alors que nous étions tous les deux dans des relations ouvertes, je suis monogame et heureux. Que je suis loyal et digne de confiance. Mais je n’en demeure pas moins sensible à son regard sur moi, à l’envie de le rendre heureux. Sans nuages. Sans défaut. D’être parfait. J’ai peur de me planter, de décevoir, de ne pas faire ce qu’il faut. De tout gâcher pour un mot de travers, mal compris ou mal interprété. Les différences culturelles et linguistiques sont un vrai challenge au quotidien, surtout quand on a tellement de mal à croire en sa chance qu’on se laisse submerger par le moindre incident. Je suis devenu très anxieux, moi qui ai toujours été un gars plutôt « chill ». Cette relation compte plus pour moi que je ne saurais le dire. Ces quantités d’amour et de passion me sont inédites. Il y a une part d’irrationnel, là-dedans, qui fait un peu peur, par moments. Mais je suis amoureux. Comme jamais. Auprès de lui je me sens aimé, en sécurité. Chez moi. Il est comme ma maison.

 

C’est vertigineux de ressentir cela pour quelqu’un que l’on continue à découvrir. Mais c’est comme ça. Je l’aime et tout ce que je fais, au quotidien, est désormais tourné vers lui et vers mon avenir avec lui. S’il me donne une chance de rester auprès de lui et de le protéger, de protéger notre vie ensemble, alors c’est ce que je ferai.

Une réflexion au sujet de « L’homme que j’aime »

  1. Esteban

    janvier 30, 2024 at 9:08

    Quel plaisir de te lire encore…, et courage.

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