Archives par mot-clé : Colin Firth

Bridget Jones’ Baby

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Parfois, la marque est tellement puissante que la médiocrité du produit vendu ne nous apparaît qu’après coup, voire jamais, laissant l’expérience de consommation dans un bain de flou bienheureux : on a passé un bon moment, même si objectivement c’était un peu nul, et si on aurait trouvé ça bof avec une autre étiquette sur l’emballage. C’est un peu ce qui m’est arrivé avec Bridget Jones’ Baby, aka Bridget Jones 3 « vite dépêchons-nous de tourner avant que ça se voie vraiment trop que Colin Firth a soixante piges et que Renee Zellweger est ménopausée ». C’est pas qu’on passe un mauvais moment, hein, au contraire, on prend même un certain plaisir à retrouver la célibataire de cinéma qui sert absurdement de mètre-étalon aux célibataires trentenaires du XXIème siècle alors qu’elle est essentiellement définie par son rapport aux hommes et que ses maladresses au boulot confinent au manque total de professionnalisme… Mais on ressort de là avec l’impression un peu gênante qu’on ressent la plupart du temps après être allé voir un « numéro 3 » au cinéma : celle d’avoir été un peu pris pour un con par des producteurs roublards, qui nous ont fait perdre deux heures devant un produit pas génial, par la seule puissance de la marque et d’une nostalgie un peu périmée.

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Magic in the Moonlight

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Avec sa régularité de métronome, vient le Woody Allen annuel. Chaque année, ces films, pas toujours excellents mais jamais indigents, nous offrent l’une des rares opportunités d’assister, en tant que contemporains, au lent accouchement de ce que nos futurs petits-enfants seront amenés à considérer, à travers des rétrospectives et autres expos intellos, comme l’une des œuvres majeures du cinéma de la fin du XXème siècle : la carrière d’un prolifique acteur-réalisateur, aux contours personnels flous et parfois sulfureux, qui aura consacré la majeure partie de sa vie à livrer, pièce par pièce, une œuvre riche et cohérente sur ses névroses (qui, par bien des aspects, sont aussi celles de son siècle). Peur de la mort, évolution des rapports hommes-femmes, décrépitude de la bourgeoisie, dépression, mystères et faux-semblants de la vie en société : Allen aura été le cinéaste d’un vingtième siècle plein de bouleversements, du moins dans le quotidien des milieux privilégiés et urbains.

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Before I Go To Sleep

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Nicole Kidman n’est plus une actrice à la mode. Si son heure de gloire est probablement à situer du côté de 2001 (avec les sorties de Moulin Rouge! et Les Autres) ou de 2003 (avec son oscar pour The Hours), l’actrice australienne est depuis passée un peu plus sous le radar. La faute à des films plus discrets (Rabbit Hole, Margot at the Wedding, Birth), à des soupçons de botox qui l’auraient rendue complètement placide et inexpressive, et à quelques spectaculaires plantades commerciales (Australia, Ma Sorcière Bien-Aimée, Grace de Monaco) qui l’ont, peu à peu, coupée de son public, écornant son image de « plus grande actrice d’Hollywood », bankable et au parcours sans faute. Maintenant qu’elle approche la cinquantaine et le douloureux cap de la merylstreepisation de sa carrière d’actrice (que certaines réussissent et d’autres moins), Nicole Kidman peut toutefois compter sur ce qui a fait sa renommée mondiale : les rôles dramatiques de femmes triturées par des évènements douloureux. C’est bien cela qui, plus qu’autre chose, la différencie aux yeux du public d’autres grandes beautés plastiques comme Julia Roberts ou Sandra Bullock, mégastars portant elles aussi impeccablement la robe fourreau sur le tapis rouge des oscars.

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Les Oscars 2015

 

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Suck it, losers !

 

L’année dernière, je n’avais pas forcément vu venir les deux gagnants de 2014, que furent finalement Matthew McConaughey et Cate Blanchett, mais j’avais vu émerger quelques-uns des sérieux concurrents qui leur ont fait face dans la course au Golden Globe puis à l’Oscar (Leonardo DiCaprio, Tom Hanks, Sandra Bullock, Bruce Dern…), tout en me plantant spectaculairement sur d’autres. Du coup ça m’a donné envie de refaire un tour du côté des films en tournage, en post-production ou simplement prévus pour sortir en novembre aux Etats-Unis, histoire de voir qui est en train de placer ses pions pour choper une statuette l’hiver prochain. Comme l’année dernière, je ne vais pas m’attarder sur les films eux-mêmes, dont il est bien difficile de dire d’avance s’ils seront des classiques de bonne facture ou des œuvres trop ambitieuses qui se prendront une volée de bois vert à leur sortie. Mais un acteur ou une actrice peut émerger vainqueur d’un film qui n’aurait jamais pu prétendre à l’Oscar du meilleur film (ces dernières années, Meryl Streep dans The Iron Lady, Jamie Foxx dans Ray, Cate Blanchett dans Blue Jasmine, Marion Cotillard dans La Môme…).

 

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