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Fergie – M.I.L.F. $

 

 


 

 

C’est un peu compliqué d’anticiper ce que sera le résultat du comeback de Fergie en solo, dix ans (oui, dix ans !) après son premier album « The Dutchess » et cinq ans après la « pause » prise par les Black Eyed Peas, à un moment où on frisait l’indigestion de voix de will.i.am triturée au vocoder. Je veux dire, cinq ans, dans la pop mainstream de 2016, c’est une éternité, et Fergie ne va pas en rajeunissant : 41 piges, ça devient compliqué de vendre du single par pelletées aux gamins de la génération Z, z’avez qu’à demander à Jennifer Lopez. Du coup, l’ex-chanteuse des Black Eyed Peas (lesquels annoncent ces jours-ci un comeback sans elle) (un autre pari risqué), mise sur les trentenaires nostalgiques et sur le second degré, en assumant à fond son statut de « vieille » de la pop, avec ce très transparent acronyme en guise de « lead single ». Ce ne sera donc pas un monument de subtilité, mais la présence de Kim Kardashian, d’autres « MILF » célèbres (Chrissy Teigen, Ciara, Alessandra Ambrosio, etc.) et de dinderies superficielles pleinement conscientes d’elles-mêmes devraient assurer la rentabilité RP du projet à court terme. Pour la suite, et quand on voit à quelle vitesse le public d’aujourd’hui a décidé de ringardiser les stars d’il y a à peine deux ans qu’étaient Iggy Azalea, Macklemore, Meghan Trainor ou même Pharrell, on ne peut pas faire grand-chose d’autre que croiser les doigts, et benoitement oublier le flop mouillé qu’a fait le dernier single « comeback » de Fergie, L.A. Love (La La), il y a moins de deux ans…

Slash featuring Fergie : really ?

Bon, mes pizzas quatro fromaggi, on va peut-être se remettre de toutes nos aventures et passer à… un nouvel instant musical étrange. Ok, ça date de 2010, mais j’étais totalement passé à côté. Je ne connais pas Slash, je te préviens tout de suite, hein. Enfin, je sais que c’était le guitariste des Guns’N’Roses, mais rien de plus. D’ailleurs, je connais pas les Guns’N’Roses. Par contre, je connais un peu Fergie, même si elle ne m’a jamais intéressé qu’à moitié. Mais je me rends bien compte que le mariage qui a lieu ici est quelque peu contre-nature.

Dans ce bien beau clip de Beautiful Dangerous, Fergie montre beaucoup ses fesses (peut-être pour rentabiliser une chirurgie récente ?), ce qui n’est guère contre-nature mais interroge sur les vraies raisons de sa présence sur ce sinegueule, en fait. Et elle semble vouloir nous convaincre qu’elle est une sorte de mix entre Courtney Love et Liv Tyler (nue), qui peut à la fois s’encanailler avec les gros méchants du rock et garder son look de pop-pouffe lookée pour un clip de 50 Cent, tout en restant crédible.
Bah ça fait peut-être bizarre de l’écrire, mais je trouve qu’elle y parvient. L’ambiance Motel Cradingue avec une fille sexy, ça marche plutôt pour les puristes du rock, ou pour la country, et ça n’a jamais vraiment été tenté avec une pop-pouffe bien mainstream qui impose à la fois sa voix et sa personnalité à ce décor rustique. Bon, elle essaye quand même de la jouer bad girl façon Basic Instinct (à ta place, mec, je serais qu’à moitié rassuré), mais ce côté un peu « sexy premier degré » / vulgos (les fringues, le tatouage, l’œil de biche over-maquillé, les shots d’alcool au bar parce que ça fait bad ass, les bottes de cuir, la coiffure sauvageonne), en fait, ça lui va très bien, à la Fergie…
En fait, c’est plutôt Slash qui pourrait facilement être accusé de s’abaisser à une collaboration mainstream bizarrement tardive. Mais en fait, pas du tout, puisque son album (le premier qu’il fait en solo, apparemment) est composé à 100% de titres en featuring. Ce qui pose la question de la définition d’un album solo, mais bon, on n’a pas que ça à faire, non plus. Et donc, parmi les featurings de l’album, on trouve Ozzy Osbourne, Iggy Pop ou Nicole Scherzinger. Autant dire une vision éclectique du showbiz américain. Ce qui est un positionnement comme un autre, finalement, et suppose plus une « aventure » des invités dans l’univers musical de Slash qu’une concession de ce dernier aux standards de la bande FM. Enfin je crois…
La preuve, c’est que jusqu’à présent (en quatre mois, donc, puisque ce truc est sorti en catimini en novembre dernier), le sinegueule est plutôt un four : comme bon nombre de ses collègues du hard rock, Slash vend des albums, pas des sinegueules. Le public n’est pas exactement le même.
En tout cas, ce clip m’explique (enfin) un peu ce qu’il foutait avec les Black Eyed Peas sur la scène du concert de la mi-temps du SuperBowl…