Archives par mot-clé : Film

Moka

 

moka_mercedes

 

On voit déjà venir, parmi les habituées des César, les probables nominations, en janvier prochain, de Marina Foïs et d’Emmanuelle Devos, pour le César de la meilleure actrice 2017. C’est que leurs deux films, Irréprochable et Moka, sortis à quelques semaines d’intervalle, présentent de troublantes similarités, du moins dans le type de rôle féminin principal qu’ils proposent. Dans les deux cas, on a un thriller / portrait de femme quadragénaire moralement et psychologiquement en chute libre, au bord de l’explosion, qui stalke une « proie » inconsciente de ce qui se joue à quelques mètres de ses fenêtres en pleine nuit, dans un cadre de province bourgeoise, et une tentative manifeste, dans le scénario comme dans la mise en scène, d’ambiance chabrolienne voire hitchcockienne : la tension est palpable et on passe les trois quarts du film à redouter l’instant où le personnage va basculer, où les apparences policées vont sauter, où la décharge d’ultra-violence va intervenir. Moka diffère toutefois de Irréprochable dans ses intentions et dans sa folie borderline, nettement plus canalisée chez Diane, le personnage légèrement plus lumineux d’Emmanuelle Devos, que chez la Constance de Marina Foïs.

Continuer la lecture de Moka

The Lady In The Van

 

the lady in the van movie

 

Si la seule présence de Maggie Smith au générique de The Lady In The Van n’avait pas suffi à me convaincre d’aller voir le film, il y aurait au moins eu le tutotal d’Arte sur son look homeless chic clobo sdf-apc neogrunge radicrade. Il s’était même murmuré, un temps, que l’actrice anglaise serait en mesure de viser une nomination aux oscars cette année, dans la catégorie des vétérans nommés parce qu’on les respecte mais qui vont quand même perdre. Une nomination-quota qui a finalement échu à Charlotte Rampling.

Continuer la lecture de The Lady In The Van

45 Years

 

45 Years boat scene

 

Bon, on va pas se mentir : ce serait une énorme surprise de voir Charlotte Rampling remporter l’oscar de la meilleure actrice cette année, en dépit de son prix d’interprétation au Festival de Berlin. Sa présence dans la sélection finale tient surtout à l’absence de Rooney Mara et Alicia Vikander, reléguées dans la catégorie « second rôle » (pour laquelle les producteurs de leurs films respectifs ont milité, puisque la concurrence y est moins rude), et ne devrait pas peser lourd face à Brie Larson, Saoirse Ronan et Jennifer Lawrence, qui ont largement plus brillé lors de la saison des awards. Et vu que l’Académie des oscars n’est pas connue pour ses palmarès surprenants…

Continuer la lecture de 45 Years

Carol

carol cate blanchett

 

Figure de proue du cinéma gay depuis Poison en 1991, Todd Haynes a su évoluer, de film en film, vers des productions capables de mêler thèmes subversifs et académisme policé. De Velvet Goldmine à Far From Heaven en passant par I’m Not There, l’homosexualité est ainsi toujours plus ou moins présente dans sa filmographie, à travers un narrateur, une androgynie ou un questionnement plus frontal des mœurs corsetées des sociétés occidentales. Toutefois, s’il avait bossé ces dernières années pour la télévision (Enlightened, Milderd Pierce), il avait plus ou moins disparu des salles, en tant que réalisateur, depuis près de dix ans.  C’était donc un petit événement de le revoir sous cette casquette, au Festival de Cannes 2015, avec Carol, un film qui a fait une belle unanimité sur la Croisette et qu’on prédisait aux plus hautes places du palmarès. Étrangement, il dû se contenter d’un prix d’interprétation féminine pour la seule Rooney Mara, négligeant au passage Cate Blanchett, peut-être punie pour son cabotinage de femme fatale bourgeoise 50s, ou peut-être pour ne pas trop encombrer la catégorie puisqu’Emmanuelle Bercot avait également été récompensée, ex-æquo avec Mara, et qu’on sait bien que Cate Blanchett, telle une Marion Cotillard ou une Meryl Streep, est à Cannes à peu près chaque année ; on a donc encore le temps, et d’autres occasions, de la récompenser à l’avenir. Reste que, parti si tôt parmi les favoris des oscars 2016, Carol s’est logiquement fait rattraper en route par les The Big Short, The Revenant et autres Spotlight, et ne devrait au final avoir de réelles chances de figurer au palmarès que pour ses costumes (et encore, il y a du lourd en face) et Rooney Mara, assez inexplicablement reléguée second rôle, si elle s’impose face à Alicia Vikander. Une bien étrange campagne de la part de la Weinstein Company, pour l’un des mélos lesbiens les plus ambitieux et les plus mainstream de ces vingt dernières années.

 

Continuer la lecture de Carol