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Dance Again World Tour

Ne me demande pas comment je me suis retrouvé là, je n’en sais trop rien moi-même. Mais comme a dit L’Homme : « C’est le moment ou jamais. Elle a 43 piges, elle a jamais fait de tournée mondiale, elle est jamais venue en France. C’est bien simple, on la verra plus jamais ». Ce en quoi il a probablement raison. On notera que contrairement à une Janet Jackson autrement plus légendaire et célébrée à travers les générations, Jennifer Lopez a réussi à booker et à (quasi) remplir un Bercy. C’est que tous ces succès singles, essentiellement concentrés entre 1999 et 2002, n’ont pas complètement disparu de la mémoire collective du public français, qui reste quand même assez friand de la bomba latina (même si elle est à peu près autant porto-ricaine que je ne suis belge). Et puis il y a cette réputation de corps de déesse que les outrages de l’âge n’atteignent toujours pas. Bref, de fil en aiguille, et comme le concert n’était pas complètement sold out, voila que je me retrouve, en dernière minute, à assister au concert de l’une des vedettes les plus diva et les plus décriées de ce début de vingt-et-unième siècle (aux motifs, diversement invoqués lors de sa période faste, qu’elle était « arriviste », « surfaite », « artificielle », « sans talent », « capricieuse », « froide et implacable »)… Je flippais un peu.

Alors si on fait la liste des pour et des contre, sur ce concert, ça donne quoi ? Commençons par les contre, c’est plus drôle.
La setlist discutable : bon, ça, c’est un débat de fans décérébrés, et ça peut facilement déboucher sur des guerres de chapelles complètement ridicules. Hé ho, les gars, n’oublions pas qu’on parle de vagues tubes d’il y a dix ans. Mais quand même. Pour une bonne idée (une version acoustique de If You Had My Love) (parce que c’est vrai qu’elle manque un peu de chansons douces à son répertoire singles, bichette), beaucoup d’oublis bizarres et d’insistances un peu lourdes sur des titres pas forcément centraux. Quand elle se met à faire un medley I’m Real (Murder Remix) / All I Have / Feelin’ So Good / Ain’t it funny (Murder Remix), on a la vague impression qu’elle grille toutes ses cartouches en deux minutes. Quand elle zappe complètement le moindre titre de son album en espagnol (même Que Hiciste), on a l’impression qu’elle n’assume pas trop ce flop qu’elle avait pourtant survendu comme un retour à ses racines très important pour elle. Même chose quand elle charge une choriste de chanter I’m Glad en interlude pendant qu’elle se change (???) comme pour se débarrasser de cette encombrante déclaration d’amour à Ben Affleck. Pas de trace en revanche de Ain’t it funny ou Play, deux de ses plus gros succès en France. Bref,
L’attitude. Depuis hier, tout le monde salue l’attitude de la star, chaleureuse et sympa avec son public. Et c’est vrai que ça fait du bien, pour une fois, de voir une diva qui ne fait pas trop la diva, du moins pas à ce niveau-là. Car la propension des fans à accepter les comportements distants, voire absents, de leurs idoles en concert me sidérera toujours. Ok, ça fait partie du personnage de « diva » que d’être froide, inaccessible, biatch… Ouais ouais ok, sur les tapis rouges et à la télé. Pas devant 10 000 personnes en adoration devant elles qui ont raqué 100 euros chacune et qui justifient leur statut de star par un amour disproportionné. Ces gens-là, même quand tu t’appelles Madonna ou Britney Spears, tu as le droit de les privilégier un peu plus que les téléspectateurs du Superbowl ou le public de Dance Machine qui attend simplement le passage de Sean Paul juste après ton dernier single. Même Mylène Farmer fait semblant d’être sympa avec ses fans pendant les concerts et leur adresse quelques mots sur sa reconnaissance d’en être là grâce à eux. Jennifer Lopez ne tombe pas dans l’écueil et livre donc un show émaillé d’instants un peu plus « humains » pour donner un peu de remerciement à son public. La durée du concert est correcte (elle n’a pas fait « une Madonna », quoi), il y a de la danse, de l’énergie généreusement dépensée, un décor assez épuré qui laisse l’attention du public se focaliser sur la chanteuse et ses danseurs… Bref, elle fait le job et ne noie pas derrière la pyrotechnie son ennui palpable à se trouver là (contrairement, au hasard, à Rihanna). Mouais, ok, mais faudrait voir à ne pas sombrer dans la niaiserie avec des vidéos de vacances de ses laids enfants et des bisous crachottés dans le micro « mouahmouahmouah », non plus. Le Powerpoint de citations poétiques du genre « Love is not the destination, it’s the journey » était dispensable aussi. On n’est pas à un concert de Lara Fabian en 1996 non plus.
Le live : Chanter en live, clairement pas le point fort de Jennifer Lopez. Du coup, pour une artiste de sa stature (= hyper célèbre, en tournée mondiale), on s’attendrait à ce qu’elle compense par du show pharaonique. La simplicité du décor et des différents éléments amovibles de la scène fait, du coup, presque un peu cheap, surtout quand la salle tiédit sérieusement face à des titres un peu faiblards comme I’m into you ou Until it beats no more, même pas appuyés par des numéros de danse exceptionnels. On se surprend alors un peu à bâiller. Si tu ne peux pas en mettre plein les oreilles, fais au moins attention aux yeux.
Mais il y a aussi des pour :
L’attitude : Alors je sais, je viens de dénigrer son attitude, mais je ne nie pas qu’il y a un effort, dans la démarche. Il est agréable de voir une diva faire (un peu) autre chose que la belle avec le public, et montrer un peu de gratitude, ne serait-ce qu’aux fans hardcore des premiers rangs qui lui envoient des peluches et des fleurs sur scène dans le maigre espoir qu’elle les touchera une demi-seconde avant de les fourguer à l’un des gars de la sécurité au pied des barrières, lequel récupérera tout ça d’ici la fin du concert avant de… avant de quoi d’ailleurs ? Je me demande si des chanteurs gardent vraiment tous les souvenirs jetés sur scène par leurs fans. Si oui, ils les gardent où ? En vue de quoi ? Parce que, je veux dire, au bout de 1000 ou 2000 peluches, je suppose que c’est encombrant, et que quand tu les revois, elles ne te rappellent absolument rien (ni la personne, ni le concert où elles t’ont été jetées à la face) ? Bon, en même temps on s’en fout, mais je suis curieux. Et donc, Jennifer Lopez a ce petit côté reconnaissant, très (parfois trop) consciente de son statut de symbole du rêve américain et d’America’s sweetheart : hier soir, elle avait envie de dire ‘I love you’, de dire qu’elle était heureuse d’être là, de minauder des banalités sur Paris et la France. On sentait un peu l’artiste passée par une phase « has been » et au come back inespéré. On sentait aussi qu’au bout de 13 ans de carrière et toujours pas de tournée mondiale, elle profitait de ce passage, peut-être le dernier dans des salles aussi grandes, devant un public encore là pour l’aduler. C’était touchant, et donnait l’agréable sensation qu’on n’était pas venus seulement pour « la voir en vrai », mais bien pour bénéficier d’un contact un peu privilégié avec la chanteuse, qui est allée jusqu’à s’incliner devant la salle.
Oui, j’avais une place de pauvresse
Le professionnalisme. Certes, le décor minimal peut faire un peu cheap. Mais quand c’est servi par une mise en scène propre et des prestations dansées décentes, c’est acceptable. Certes, elle n’a pas la voix d’Adele. Mais comme elle a l’honnêteté intellectuelle de le reconnaître et de prendre des choristes puissantes en back up, ça passe. Soutenue sur les refrains, un peu essoufflée de temps en temps, un peu juste pour certains aigus ou notes trop puissantes, Jennifer Lopez essaye, et livre une prestation loin d’être honteuse en live. On ne demande pas une performeuse absolue capable de couvrir autant d’octaves que Céline Dion, quand on va à un concert de Jennifer Lopez : on lui demande d’essayer pour de vrai, et même si de temps en temps la voix n’est pas aussi cristalline que sur CD, au moins on ne se fade pas une bande-son pré-enregistrée. Elle a ce respect-là. Que certaines n’ont pas. Et puis il y a quand même cette science du kitsch qui est par moment assez jouissive, notamment lors de cette entrée improbable à la Céline Dion meets Kylie Minogue in Vegas, option toque en fourrure blanche. Comme une pro, quoi.
Les danseurs. Mon Dieu, mais Jennifer Lopez n’a pas (que) du danseur de quinze ans trois quarts dans son staff. Elle a aussi des messieurs, dont certains pas loin d’avoir son âge canonique, musclés, souples, avec des têtes de messieurs et ne semblant pas tout droit sortis de chez Toni&Guy. Cela nous change un peu des éphèbes et des twinks. Pas pour me déplaire.
Le corps. Bon sang, mais cette femme a 43 ans, bordel !! Elle en fait dix de moins. Easy. Elle est plus fraîche que Britney, qui a pourtant vraiment dix ans de moins qu’elle. Quand elle ne porte pas un de ses ridicules collants intégraux couleur chair à paillettes (qui donnent l’impression qu’elle est boudinée et qu’elle a un cul énorme et des cuisses flasques mal contenues), elle est tout simplement superbe. D’ailleurs, lorsqu’elle ose la robe courte, on voit bien qu’elle a réellement les jambes magnifiques qui lui ont valu de devenir l’égérie de Venus de Gillette. Son visage est également très beau. Je m’attendais, comme c’est souvent le cas lors des concerts, à la voir maquillée à la truelle et à la trouver assez différente de l’image de papier glacé que l’on connaît d’elle. Et bien c’est faux : elle est vraiment très belle. Niveau danse, elle donne le change honnêtement face à ses danseurs (elle n’est pas ridicule, en somme, ce qui est tout ce qu’on lui demande tout en étant occupée à chanter). Bref, depuis treize ans, ce qui fait la célébrité de Jennifer Lopez et lui a ouvert aussi bien les portes du cinéma que de la chanson, c’est ce corps légendaire dont George Clooney disait qu’il ne pouvait avoir été forgé que par un dieu particulièrement sanguin. Ce n’est pas usurpé. Et quelque part, c’est rassurant, même si c’est bizarre que ce soit la seule raison, d’expliquer la longévité de Jennifer Lopez au sommet de l’entertainment mondial (elle a été désignée personnalité la plus influente de la planète en mai dernier par Forbes), en dépit des bides commerciaux et des échecs critiques. L’air de rien, elle aura un peu été aux années 2000 ce que Julia Roberts ou Sandra Bullock avaient été aux années 90, cette star un peu hors frontière, connue de tous et au visage imprimé dans les esprits, qui se plante parfois voire souvent mais semble indéboulonnable.
Le répertoire. J’ai pris conscience, à Bercy, en voyant le public de J.Lo, qu’on est aujourd’hui face à une génération qui la connaît plutôt pour On The Floor que pour If you had my love. Gamins, collégiennes et djeunz en goguette qui aiment le son dance actuel auquel Jennifer Lopez a fini par se soumettre comme tout le monde, tout en essayant de garder un semblant de sonorités dites « latino ». Quand à l’inverse des chansons comme Let’s Get Loud ou Waiting For Tonight semblent, du moins en live, s’user doucement à l’épreuve du temps, apportant de la nostalgie à défaut d’être de grands classiques indémodables. Ce qui peut paraître un peu triste, mais revient, l’air de rien, à dire que Jennifer Lopez a traversé au moins deux époques. Et si le risque est grand de la voir sombrer à nouveau dans l’oubli dans les années à venir (franchement, qui a vraiment acheté son album Love ? ou son single Goin’ in ?), je pourrai au moins dire que j’ai assisté à la seule tournée mondiale de cet étrange phénomène « latino » qui, probablement encore plus que Ricky Martin (car davantage capable de se mainstreamiser pour faire oublier qu’elle est latino) (le nom, la nationalité américaine, tout ça, ça nous la fait percevoir comme une blanche qui fait de la pop, pas comme une latina du Bronx qui fait des featurings avec des rappeurs), aura marqué le début de ce siècle, à défaut de marquer le siècle entier. Et inspiré quelques personnes avec des messages mièvres sur l’estime de soi (facile à dire quand on est Jennifer Lopez) et la conviction féroce que chacun mérite d’être heureux et aimé. Ce qui n’est pas si mal.
Est-ce que je le referai, alors, ce concert ? Oui, mais juste une fois. Et de préférence, sans louper le diptyque La Revanche d’une blonde / La Blonde contre-attaque à la télé, cette fois-ci (oui je suis une merde). Un jour, je te causerai de Reese Witherspoon.

A la recherche du tube de la rentrée 2012

L’avantage d’avoir environ deux mois (si ce n’est trois ou quatre) de retard sur les pays anglo-saxons, voire l’Europe entière, c’est qu’on peut anticiper en se baladant sur le ouèbe. Comme on est le 31 juillet, que tout le monde s’est barré en vacances depuis un bail et que je m’ennuie seul comme une merde un peu, je me suis dit qu’on pouvait faire un tour d’horizon des récents sinegueule qui commencent à toucher leur million de vues sur YouTube et qui, avec un peu de bonne volonté de leur label ou d’une station de radio complaisante, se frayeront un chemin dans les charts français d’ici septembre. Voire octobre, si vraiment on se retrouve en dèche de nouvelle production David Guetta ou de Red One…

Jennifer Lopez a ceci de formidable qu’elle est toujours dans une forme olympique (c’est la période) dans ses clips, y compris quand elle est en plein divorce, en train de se remettre d’un nouveau four, ou juste dépressive et énorme d’après la presse. Ses stylistes et maquilleurs font sur elle un travail formidable qui l’empêche de sombrer dans les accidents visuels auxquels Mariah Carey, dans le même registre, se livre régulièrement depuis la déconvenue Glitter. Elle est encore une fois superbe, ici, ce qui devrait lui assurer des visionnages de Goin’ in, et va savoir, peut-être des ventes. Et puis Flo Rida est apparemment devenu une sorte de nouveau Pitbull (ou de nouveau Taio Cruz) (ou de nouveau Busta Rhymes) pour featurings dance un peu douteux : faut croire que ça peut se vendre, donc.
Little Mix est le groupe qui a gagné X-Factor au Royaume-Uni en 2011. Ce qui, en France, n’est pas très bon signe vu que 1) l’adaptation française du programme s’est un peu vautrée et n’a toujours pas vraiment fini d’accoucher péniblement du pauvre Matthew Raymond-Barker, et que 2) les gagnants de télé-crochets britanniques ne traversent jamais vraiment la Manche. Mais bon, la chanson est cool, quasiment promise au rang de numéro 1 dans les charts britanniques lorsqu’elle sortira fin août, et bien dans la veine de ce qui peut susciter notre attention aujourd’hui : girls band sur fond de nostalgie des Spice Girls/Sugababes/Girls Aloud, et de Cheryl Cole intronisée sauveuse de la pop britannique, message plus ou moins girl power, production évoquant vaguement la K-Pop (que je déteste, hein, mais quand même), refrain efficace…

The Killers ne vendront pas de singles en France, comme d’hab’. Mais bon, Brandon Flowers, quoi… <3
Owl City a fait un joli succès en Angleterre il y a deux ans (beaucoup plus discret chez nous) mais a réussi à choper Carly Rae Jepsen qui deviendra, dans les prochains mois soit la nouvelle LMFAO / Ke$ha (un gros single à succès, deux ou trois autres singles un peu moins énormes, glissade progressive vers le niveau de popularité d’Helmut Fritz), soit la nouvelle Taylor Swift (on sait pas trop comment ni pourquoi, mais elle vend un million d’albums à chaque fois), soit la nouvelle Katy Perry (on croyait avoir affaire à un one hit wonder, alors qu’en fait on va se la fader pendant les cinq prochaines années)… A ce stade, cela n’a pas encore d’importance, puisque Carly a encore assez la cote pour être bankable aux yeux des acheteurs de CD 2 titres (mais qui sont ces gens ?). Good Time est plutôt sympathique, en plus, dans le genre « chanson estivale qui fait plaisir à écouter en octobre ».

P!nk est une valeur sûre : au pire, le lead single de son album n’a pas beaucoup de succès et elle remballe discrètement les gaules pour les singles suivants, mais une chose est sûre, ça va passer à la radio, à la TV, et dans la bande-son de L’Amour est dans le pré. Il y a des gens comme ça, qui ne changent jamais leur recette (ici, tambouille pop rock vaguement féministe de meuf en colère contre les hommes / ou juste contre un seul mec) (Alecia, tes problèmes conjugaux ne nous regardent pas) mais qui emportent toujours l’adhésion.
Ellie Goulding a chanté au mariage de Kate et William, ce qui aurait dû suffire à lui ouvrir les portes de la postérité. Mais bon, depuis sa reprise de Your Song, on n’a plus beaucoup entendu parler d’elle en France. Mais la revoila avec un morceau étrange, un peu pop dance lounge, qui évoque vaguement Robyn ou La Roux ou Agnes, un truc un peu propre et auréolé de respectabilité, même si en termes de prises de risques elle est à peu près aussi subversive que Dido. N’empêche que c’est charmant.

Un best of idéal de Jennifer Lopez

Il y a deux jours, j’ai lu sur un site d’actualité culturelle de premier choix que Jennifer Lopez allait (enfin) se décider à sortir un best of pour commémorer les plus gros succès de sa carrière, qui se concentrent pourtant tous entre 1999 et 2002. C’est dire si j’ai été étonné que la Jennifer n’ait pas sorti un best of pour se renflouer pendant la période de disette où elle tentait de percer au ciné tout en enchaînant les flops en musique (grosso modo entre 2003 et 2011). On pourrait se réjouir (ou s’en foutre totalement), mais il est surtout surprenant, dans ce best of, de constater que certains titres importants de la discographie, pourtant pas si fournie que ça, de la première vraie grand popstar féminine mainstream estampillée bomba latina semblent manquer.

Pourtant, il y avait de quoi faire. Certes, Jennifer Lopez a assez vite vu sa carrière musicale s’essouffler, malgré une entrée fracassante dans les années 2000, mais elle avait quand même réussi à aligner un joli nombre de singles à succès pendant quatre ans, un peu à la manière d’une Rihanna vieille. C’est à ne pas comprendre comment certains de ces titres ont disparu d’un best of déjà plus très attendu par les « fans ». Et c’est dommage, car si aujourd’hui on n’achèterait plus vraiment un single de Jennifer Lopez (et encore moins un album), l’idée de compiler ses vieux succès sur une même galette rend ces chansons vachement plus intéressantes. Un album de Jennifer Lopez avec rien à jeter, aucun titre faiblard placé entre deux tracks pour meubler, c’est finalement un petit investissement qui vaut la peine. Pourquoi avoir zappé certains des titres importants de la donzelle ?
Je veux dire, 13 pauvres titres, presque tous en version remixée ou avec featuring additionnel sur la version simple, 3 singles mineurs et un DVD de clips (même pas exhaustif) ajoutés à la version Deluxe, franchement ils auraient pu se fouler un peu plus. Alors pour me consoler, ou pour donner mon avis, ou bien juste parce que j’ai que ça à foutre, je vais tenter de dresser un best of idéal de Jennifer Lopez, car si elle n’est pas la plus grande chanteuse de la décennie, elle est encore moins la plus grande actrice, noyée qu’elle est dans un océan de master-croûtasses en dépit de débuts prometteurs devant la caméra…

If You Had My Love

Forcément, le premier single en solo, le premier succès, le premier aperçu des fesses de Jennifer émergeant de sa mini-jupe… C’était émouvant de la voir, à presque 30 ans (quand à la même époque, on découvrait Britney Spears du haut de ses 17), vivre sous nos yeux l’éclosion tardive d’une gamine, vraie femme déjà, qui avait tant galéré à se faire connaître, entre films de série Z et apparitions furtives dans les clips des autres.
Let’s get loud

Un titre qui sent un peu le stade et la transpiration, mais qui continue à très bien fonctionner en boîte de nuit, bizarrement. C’est le côté « hymne sportif latino », sûrement, le genre de truc qui revient au rythme des compétitions internationales de football et qu’on oublie entretemps, mais qui fait toujours plaisir à réécouter. D’ailleurs, Jennifer Lopez a enregistré ce clip lors de sa performance pendant la finale de la coupe du monde de football… féminin. Ricky Martin a fait un titre dans le même registre, il ne l’a probablement jamais regretté.
Waiting for tonight

Jennifer en maillot de bain, Jennifer qui se déhanche en sortant de l’eau, matérialisant ce qui fera sa marque de fabrique : si Mariah Carey met ses seins en avant, Jennifer Lopez optera pour ses fesses. Le bref pont silencieux du clip, avec le faux suspense du bug de l’an 2000, était furieusement dans l’air du temps. De même que les lasers verts, d’ailleurs.
Love don’t cost a thing

En novembre 2000, aux MTV Europe Music Awards, Jennifer Lopez débarque sur scène dans un petit avion surgi au-dessus du public et lance la promotion mondiale de son deuxième album, J.Lo, qui incarnera à la fois sa nouvelle signature people (personal branding), son renouveau conjugal (présence intempestive de l’inutile danseur Cris Judd, son deuxième mari, dans les clips) et son plus gros succès. Le lead single sera Love don’t cost a thing, une chanson philosophique très profonde où Jennifer, dans le rôle d’une dinde entretenue à distance par un golden boy qui travaille trop (P. Diddy ?), décide de tout plaquer… enfin, elle décide surtout de prendre sa décapotable et de faire un strip tease sur la plage pour se débarrasser des vilaines contingences matérielles et du luxe qui pollue sa vie, parce que l’amour ne s’achète pas, baby. Le single aura beaucoup de succès, lui offrant la possibilité de s’offrir de nouveaux bijoux à jeter sur la plage. Ce sera aussi la B.O de son film The Wedding Planner (alors que le sujet de la chanson n’a rien à voir avec le sujet du film), et cela fera d’elle la première artiste à avoir simultanément un film n°1 au box-office américain et un single n°1 au Billboard (en l’occurrence, le classement pop songs).
Play

Play my mother****ing song !! Incompréhensible absence de cette chanson sur le best of de Jennifer Lopez. Pourtant c’était écrit par Christina Milian et ça avait très bien marché pour un deuxième single, confirmant que J.Lo allait régner sur 2001 comme une Queen (B).

I’m gonna be alright (feat. Nas)

Ouh les jolies lentilles. Ce single, certes mineur, de la discographie de la porto-ricaine, aurait mérité de figurer sur sa compil’, lui aussi. L’utilisation du sample de « I got 5 on it » de Luniz est plutôt bien fait, et rappelle, si l’on veut bien s’en souvenir, qu’avant Justin Timberlake ou Keri Hilson, quand les rappeurs américains voulaient adoucir leurs singles commerciaux avec une voix un peu plus suave et pop que la leur, ils pouvaient compter sur Jennifer. Laquelle leur retournait volontiers la politesse. Dans la foulée, Mariah Carey et Ashanti feront le même genre de collaborations. En revanche, et contrairement à ses copines, Jennifer Lopez a créé une controverse en enregistrant d’abord ce titre avec 50. Cent (qui était alors un illustre inconnu du grand public) avant de trasher cette collaboration et de la ré-enregistrer avec Nas (qui, lui, était alors connu) (business is business).
Ain’t it funny

Le best of Dance Again contient la version ‘Murder Remix’ de ce titre. L’original est pourtant bien meilleur, tube de l’été à l’ancienne, et l’un des derniers hits d’une époque révolue : l’avant-11 septembre. Avec la frontière du single symbolique de Britney Spears, cette chanson a un petit air d’antiquité, mais elle se laisse toujours apprécier.
Jenny from the block

C’est, d’une certaine manière, le dernier gros tube de Jennifer Lopez, avant qu’elle ne devienne ringarde, avant qu’elle ne se ridiculise avec son album-déclaration d’amour à Ben Affleck (qui la larguera – ou qu’elle larguera, on sait plus trop – quelques mois plus tard à quelques encablures de leur mariage) (probablement pour permettre à monsieur de se caser et de se marier cinq minutes après avec une autre Jennifer) (Jennifer Garner en l’occurrence), avant les traversées du désert vaguement interrompues par un hit de temps en temps. A l’époque, on y croyait encore, on ne se rendait pas encore compte qu’elle serait finie un an plus tard. Et ça fonctionnait encore très bien.
I’m real (feat. Ja Rule)

Pour ce single, le ‘Murder Remix’ a été utile, car mid-tempo et bien plus réussi que la version d’origine. Et puis Jennifer Lopez en short rose éponge, quoi…
Control Myself (feat. LL Cool J)

Certes, sur ce single c’est elle qui est en featuring, mais pourquoi se priver de le mettre sur son best of ? D’autres ne l’ont pas fait. C’était en 2006, Jennifer Lopez était has been, mais elle aimait encore bien s’entourer et tenter sa chance dans les charts. Malheureusement, cela n’a guère marché avec ce titre, pourtant sympathique, mais totalement éclipsé par le S.O.S. d’une certaine… Rihanna. La nouvelle génération avait frappé, Jennifer approchait la quarantaine, ça sentait le roussi.

I’m glad

Un clip plutôt réussi, dont la diffusion a vite été interrompue, pour deux raisons majeures, je pense : 1/ ça parle trop ouvertement de son bonheur conjugal avec Ben Affleck, dont on commençait à savoir que ça se cassait la figure, et 2/ elle a été poursuivie par la Maureen Marder, la danseuse qui a inspiré le film Flashdance, qui a vu dans cet hommage appuyé et assumé un plagiat pur et simple. Les gens sont d’un frileux…
Get Right

J’ai déjà parlé ici du bien que je pense de cette chanson, qui a temporairement sauvé Jennifer Lopez de l’oubli en 2005 sur fond de club lesbien. Dommage que son best of la propose dans la version featuring Fabolous. C’est une impression ou Jen veut se servir de sa compil’ comme carte de visite pour draguer les pontes du hip hop US pour son prochain album ?
All I have (feat. LL Cool J)

C’est toujours bien de caser une chanson un peu plus lente vers la fin. Un single mineur voire insignifiant (qui l’a acheté ? qui s’en souvient ?), mais ce n’est pas si souvent que Jennifer Lopez a abandonné la fiesta et la danse en poom poom short dans sa discographie.
Feelin’ so good

Un flop dans les charts, à son époque (eh oui, elle a quand même eu des flops avant 2003), mais une chanson qui aurait mérité mieux. Un titre auquel elle doit d’ailleurs tenir un peu, puisqu’elle l’a mis sur sa compilation (en remix, certes, mais bon…).
En ajoutant ses récents exploits lambada-esques, quelques inédits (trois ou quatre, ça aurait été cool, vu le retard avec lequel sort cette compilation), un ou deux singles flops pour faire bonne mesure et assumer (Louboutins, Hold You Down, Fresh Out The Oven) pour ceux qui les ont loupés, et même une brève parenthèse sur son essai foireux d’album en espagnol, on aurait eu quelque chose d’un peu plus exhaustif, fidèle… somme toute plus généreux.

Le Tube de l’été 2011

Mes beignets de tomates, t’as vu, c’est l’été (on crève de chaud, d’ailleurs, c’est quand, la rentrée ?) ? Soit l’heure de dresser la liste des immondes daubes commerciales (si chères à mon coeur) qui inonderont ondes radiophoniques et robinets à clips durant la belle saison des wacances à La Baule. Que d’excitation ! On en commanderait presque une glace à lécher une un mannequin suédois. Mais on s’abstiendra, car à moins qu’on ne soit une de ces feignasses de lycéens qui viennent de terminer une nouvelle session de petit bac au rabais (moi aussi j’avais deviné que pour l’animal commençant par G, fallait mettre girafe), en fait, on est encore au boulot. Et la glace qui coule sur le clavier c’est dégueu’.

Où en étais-je ?


Ah oui, le tube de l’été. Une fois de plus, ça se presse au portillon de la daube musicale, car tube de l’été = max de rentabilité. Dans les compils, dans les diffusions radios, dans les bouates de night, dans les campings, dans les rétrospectives nostalgie de la première galoche de ta vie à 14 ans (enfin, ça, c’est si t’as eu du bol)… Que de courriers et de mots doux de la SACEM et d’iTunes pour le meilleur tentateur de l’îlot juillet-août !

Au premier rang, en bonnes fayotes de la pop putassière prêtes à tous les exploits et toutes les compromissions artistiques pour s’imposer dans un tube de l’été, on trouve évidemment une bonne brochette de pop-pouffes bien juteuses.

La grosse Britney a dévoilé son jeu cette semaine : c’est donc I wanna go et son clip très « attention-whore » qui devraient porter la promotion de Feignasse Fatale jusqu’à la rentrée. On notera que cette ingrate de Britney, ex-animatrice du Mickey Mouse Club, porte un seyant T-shirt représentant un Mickey à tête de mort. Ils ont dû râler chez Disney… Le clip est plutôt marrant, quoique les clins d’oeil à sa vie si compliquée, aux vilains paparazzis et aux méchants détracteurs qui disent qu’elle est finie commencent un peu à lasser. C’est bon, chérie, depuis le temps, on a pigé que t’allais pas lâcher l’affaire comme ça. Donc pas la peine de t’exhiber en bikini pour nous prouver que tes séances de pilates t’ont permis de retrouver le corps de tes 20 ans : si tu ne recommences pas à danser décemment, ça ne nous intéresse pas. Par contre, bonne idée le F Word et le Guillermo Diaz : tu as donné à tes fans (gays, hein, les autres t’ont abandonnée depuis un bail) de quoi s’exciter sur Twitter pendant au moins dix minutes, ce qui est déjà bien mieux que pour le clip de Till The World Ends.  On se reparle à la rentrée, ok ?

Autre transfuge de la pop-poufferie à tenter, elle aussi, de mettre en avant ses dons pour la comédie : Kathy Beth Terry (d’ailleurs Katy Perry et Britney ont en commun d’avoir joué les ravissantes idiotes dans How I Met Your Mother, qui aurait peut-être davantage surpris en les faisant jouer dans un autre registre : ouais, ok, elles chantent de la pop, elles sont forcément connes, mais elles jouent de leur image, lolilol)… Bon, j’avoue, je trouve ça assez drôle, et plutôt pêchu dans le genre « clip pour rigoler avec plein de guests dedans ». La rupture de ton avec le précédent single E.T. est quand même réussie, non ? En convoquant Rebecca Black, les Hanson, Kenny G ou encore Kevin McHale et Darren Kriss (Glee) dans sa vidéo, Katy Perry éclipse presque le personnage de godiche impopulaire au physique ingrat qu’elle a créé pour l’occasion, et livre un petit objet de pop culture toujours sympathique à prendre, à l’heure où seule Lady Gaga semble faire des efforts pour créer l’évènement avec un gros clip mainstream.

Rihanna, rarement mauvaise dans ses choix de singles, tente la ballade dépressive sur fond de sonorités reggae avec un clip un peu limite qui a déjà fait couler beaucoup d’encre (ou excité beaucoup de claviers, plutôt). Elle peut s’imposer avec Man Down, mais vu la division suscitée par cette nouvelle livraison, ça va quand même être compliqué, surtout que California King Bed n’a pas encore fini son parcours (qui manque un peu de pep’s, by the way) dans les charts mondiaux. L’album Loud est peut-être en train de s’essouffler, ce qui est étonnant compte-tenu de la facilité habituellement déconcertante avec laquelle la barbadienne cartonne à chaque single…

Et si le salut estival venait d’une artiste hip-hop ? Je ne connais pas bien Nicki Minaj, et globalement le hip-hop me passe un peu au-dessus… Mais là, on tient peut-être quelque chose. C’est très pop, un peu putassier tendance vulgaire, mais pas non plus gratuit comme cela pouvait parfois se voir chez sa (vieille) rivale Lil’Kim. Visuellement, il y a un petit côté rose acidulé qui n’est pas sans rappeler un certain (énorme) tube de l’été 2010

Chez les garçons, on a le nouveau Jason Derüüülo, qui me laisse un peu dubitatif mais après tout, on ne sait jamais. Le sample du Show Me Love de Robin S. devrait lui assurer un minimum de visibilité sur les dancefloors estivaux. Mais bon, au-delà de l’agacement légitime qu’on peut avoir face à la tendance actuelle du sample de tubes des années 90, ça casse pas trois pattes à un canard, non plus.

Jennifer Lopez tentera péniblement de s’imposer avec I’m into you, un titre dont le démarrage un peu poussif dans les charts s’explique peut-être par la belle persistance de On The Floor, son massacre de la Lambada feat. Pitbull. Il y avait longtemps que la pauvre J. Lo n’avait pas été à pareille fête dans les classements. Reste à savoir si elle capitalisera sur cette cote renouvelée auprès du grand public, ou si ce ne sera qu’un one shot façon Get Right

Et le prix du clip le plus laid de l’année est attribué à Bruno Mars, qui était pourtant déjà bien parti avec The Lazy Song. Par contre, l’ambiance reggae triste et moite de son duo avec Damian Marley pourra bercer quelques siestes ensoleillées. Enfin, je dis ça pour ceux qui partent en vacances, hein (ah, pas toi ? c’est moche).

Inévitable, aussi, à cette époque de l’année : le tube de l’été formaté comme un tube de l’été. En France, celle qui tient la corde jusqu’à présent est la dindissime Loona et sa grosse daube Vamos a la Playa, qui séduira probablement les familles au camping. Evidemment, vu de Paris, le mépris pour un tel délit auditif s’impose, si l’on souhaite conserver une vie sociale digne de ce nom. Je te jure, c’est pas facile toute cette pression. 

Mais les mieux partis jusqu’à présent, ce sont quand même les deux blaireaux de LMFAO et leur Party Rock Anthem, croisés sur un vieux clip de David Guetta et bien lancés depuis quelques semaines avec leur désormais insupportable hymne rock de la fête… On en recause en septembre, mais d’ici là, tu risques de galérer si tu essayes de séjourner dans un endroit civilisé sans entendre cette chose. Ce qui te reste à faire : accepter la fatalité et jouer le jeu. C’est aussi parce que tu fais l’effort de le danser et de l’écouter dans les bons moments de ton été qu’un tube de l’été devient, à terme, un tube de l’été. Le destin de toutes ces gentilles bouses est donc entre tes mains (enfin, entre tes oreilles, surtout, mais bon, si j’ai bien évalué ton anatomie, entre tes oreilles il devrait déjà y avoir ton cerveau, alors on va dire entre tes mains, hein).