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La Pop-Pouffe de septembre

 

 

 

C’est donc le single Ain’t My Fault, avec ses cuivres et on ambiance de stades, qui aura la difficile mission de succéder à Lush Life, le sleeper hit increvable qui a traversé la moitié de l’année sur les ondes et en ligne, faisant de la suédoise l’une des popstars les plus prometteuses du moment. On ne comptera pas vraiment sa participation au single de David Guetta pour l’Euro, qu’on a tous assez rapidement zappé, ni le duo Never Forget You avec MNEK, qui a pourtant eu un certain succès depuis sa sortie en juillet 2015 (mais rien à faire, c’est Lush Life qui a continué à squatter les playlists).

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La Pop-Pouffe d’août

 


 

 

Héritière spirituelle de Lily Allen, dont elle a vite repris les atours de « petite peste de la pop UK », qui n’a pas la langue dans sa poche et ne se fait pas que des potes lors de ses interviews, Cher Lloyd n’a pas vraiment connu, pour le moment, le succès de son aînée. Nouvelle tentative ce mois-ci avec le single Activated, probable prélude à un troisième album studio, sur son nouveau label Universal, qui l’a signée malgré deux premiers albums, chez Epic, qui n’ont pas vraiment rencontré le succès escompté. La vie n’est pas simple pour les ex-candidats de télé-crochets, et la malheureuse Cher Lloyd n’échappe pas à la règle.  Toutefois, il faut apprécier sa persévérance et son envie, puisqu’elle ne lâche pas l’affaire, cinq ans après The X-Factor, et qu’elle tente encore de produire quelque chose de dansant et catchy, dans un paysage pop où tout le monde semble avoir décidé de donner dans l’introspection tristouille, les rythmes lounge et les sonorités s.é.r.i.e.u.s.e.s. Allez, Cher, encore un peu de patience et de boulot, et tu devrais enfin avoir un hit mainstream. Tu as le label qu’il faut pour ça, maintenant, et surtout, on ne devrait plus tarder à se lasser d’écouter les machins pas fun de Beyoncé et de Rihanna qui veulent absolument qu’on les prenne pour des « vraies » artistes (parce que, c’est bien connu, les hits, la dance, le fun, c’est caca) : à ce moment-là, on sera contents de retrouver des pop-pouffes vraiment prêtes à nous faire marrer sur les plages, et ton moment viendra. Après tout, Zara Larsson a bien eu le sien.

La Pop-Pouffe de juillet

 

 

 

Il y a une quinzaine d’année, entre so mythique duo avec Spiller Groovejet en 2000  et son hit paneuropéen Murder On The Dancefloor en 2002, Sophie Ellis-Bextor semblait destinée à une carrière de popstar au firmament des charts, au moins pour quelque années. La suite, on la connait : lâchement abandonnée par les diffuseurs radios et par les fans dès son deuxième album, puis par son label avant son troisième, elle a repris les choses en main, créé son propre label… mais globalement galéré à pondre un hit potable et capable de traverser la Manche pendant quelques années. En 2014, à la suite de sa participation au Danse avec les stars anglais, le public de son pays natal la redécouvre et lui permet de classer son cinquième album, Wanderlust, à la quatrième place (son meilleur classement en plus de dix ans pour un album). Personnellement, ce virage indé Lana-del-Resque m’a un peu laissé de marbre, et c’est avec plaisir que je la retrouve, en 2016, avec un son plus jovial, plus pop et plus dansant, comme tous ceux qui l’ont aimée depuis le début, je suppose. Elle est d’ailleurs resplendissante, et ses explorations (vestimentaires et de make-up) plutôt audacieuses rappellent la science du look du mannequin atypique qu’elle était avant de chanter. Bien évidemment, à désormais 37 piges, ça devient compliqué d’intéresser les radios à hits et les ados des années 2010, et la probabilité de voir l’album Familia accoucher d’un tube qui tournera en boucle sur les ondes françaises est faible. Mais qui sait, ce Come With Us, avec son refrain efficace, pourrait au moins reconnecter la popstar anglaise avec la frange du public qui l’a perdue de vue depuis Trip The Light Fantastic, ou depuis ses featurings un peu douteux sur des singles de DJs…

La Pop-Pouffe de juin

 

 

 

Mon problème avec Beyoncé a toujours été le même : la disproportion entre sa célébrité et sa capacité à pondre des hits, entre son talent exagérément loué et ce qu’elle apporte réellement au paysage popculturel mondial. Elle occupe la place de la diva en chef, quoi, réveillez-moi quand ça devient original. Ce problème ne s’arrange guère ces dernières années, la donzelle ne cherchant même plus à passer à la radio, et monnayant à prix d’or sur Tidal le moindre titre un peu boring, le moindre clip outrageusement pompé à des performers du spectacle vivant underground et de l’art contemporain (dont on fait ensuite semblant de s’étonner de constater qu’elle ne l’a pas inventé et mis en scène toute seule, alors que son staff passe l’année à benchmarker les phénomènes underground auxquels elle peut donner « de la visibilité » de deux secondes dans un clip tout en leur suçant leur street cred’) (sans déc’ ?) qu’elle daigne produire pour ses fans, qui continuent à avoir une caisse de résonance énorme en ligne, et à générer un suivisme médiatique qui me laisse parfois pantois. Ouais, c’était bien, son tour de chant au Super Bowl, c’était politique, et tout ; c’est bien qu’une artiste de son calibre crée la conversation sur le sujet du traitement et des dangers subis par les noirs pour le simple fait d’être noirs. Bon et sinon personne n’a remarqué que le titre Formation était chiant ? Que la meuf n’a plus fait un hit mondial depuis plus longtemps que les nettement plus décriées Lady Gaga ou Madonna ?

 

Pourtant, en 2016, le plan de com’ fonctionne à merveille, même si Formation n’a pas fait autant de bruit que Beyoncé en 2013. Derrière toute cette prétention visuelle, il y a un « discours » politisé bien sûr, mais surtout toutes ces rumeurs d’infidélités de Jay-Z, à mon avis savamment orchestrées par le couple lui-même : on veut savoir si Beyoncé est bien une cocue vengeresse qui médiatise le slut shaming de son mari pour qu’on sente bien que c’est elle qui tient les rênes, et on guette les indices. La pop de 2016, post-sextapes, post-TMZ, post-Snapchat, quoi. C’est toujours pas avec ça qu’on va tenir le nouveau Crazy In Love