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Robbie Williams – Party Like A Russian

 

 


 

 

Toujours aussi désuet dans le paysage pop des années 2010, Robbie Williams n’en essaye pas moins d’avoir la longévité de Madonna. Tentative de comeback appuyée par un ambitieux dispositif promo, donc, cette année, avec la participation du chanteur à l’Apple Music Festival et une nouvelle tournée européenne qui devrait, enfin, passer à nouveau par la France. Reste que ce clip vaguement sexiste et ces lyrics ridicules à base de clichés sur les russes ne l’aident pas vraiment à entrer dans le XXIème siècle. The Heavy Entertainment Show, son nouvel album prévu pour le 4 novembre (son premier album « traditionnel » depuis Take The Crown en 2012, si l’on excepte ses expérimentations web et ses habituels fonds de commerce rétro avec Under The Radar Vol. 1 et Swing Both Way), marque toutefois le retour de Guy Chambers à ses côtés pour un véritable album pop destiné à une exploitation commerciale pleine. Attendons donc de voir ce que ce duo, enfin reconstitué, a encore à nous démontrer, après avoir fait décoller la carrière du chanteur il y a bientôt vingt ans…

De l’art de marketer les 50’s

 

Il se passe un truc, ces dernières années, avec les albums-concepts, qu’ils soient de reprise ou de création originale. Comme une respiration dans une carrière qui semble arrivée à un carrefour décisif. En France, c’est Florent Pagny avec son rythme de publication alterné album variété / album concept depuis quinze ans, Patrick Bruel et ses chansons de guinguette de l’entre-deux-guerres, ou Nolwenn Leroy et son album de Manau sans le rap, qui ont tenu le haut du pavé, niveau ventes, faisant à chaque fois un pari à la fois paresseux et risqué. Parce que bon, soyons concrets, Bretonne, on n’y aurait pas misé des mille et des cents avant sa sortie, hein. Mais va savoir comment, l’album s’est inscrit dans un moment et a rencontré son public : écouter des ritournelles celtiques archi-rebattues à la cornemuse jusqu’à l’écoeurement, c’était ce qui faisait kiffer le public français en 2011. Non pas que ça ait relancé les ventes de Dan Ar Braz, de Tri Yann ou d’Alan Stivell (pas plus que Patrick Bruel n’a spécialement contribué à remettre en avant les répertoires de Fréhel, Maurice Chevalier ou Lucienne Boyer – Charles Trénet à la rigueur), mais Nolwenn Leroy a clairement eu le nez creux dans cette histoire.

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Top 40 des 90’s : n°31

n°31 : Robbie Williams – Angels (1997)

 

Il faut que j’avoue : avant début 1998, je ne connaissais pas Robbie Williams. Ni Take That. J’avais bien entendu les singles Back For Good ou Could it be magic à la radio, mais sans savoir de quel groupe il s’agissait. Et par ailleurs, tout autant que les boules puantes auditives à chemises fluo que furent les Worlds Apart, G-Squad, Alliage, N’Sync ou Backstreet Boys dans la seconde moitié des 90’s, les boys bands de la « première vague » d’avant 1995 (East 17, New Kids on The Block) m’étaient complètement passés au-dessus. Donc Take That, je ne connaissais pas. Le départ de Robbie Williams du groupe, je n’en avais jamais entendu parler. Son premier single solo, reprise globalement inutile du Freedom de George Michael, non plus. Ni Old before I die. Ni Lazy Days. Rien. Donc, au printemps 1998, lorsque je découvre l’existence d’Angels, qui passe à la radio pendant que je suis en vacances en Bretagne, Robbie Williams est pour moi un parfait inconnu. En France, certains pensent même, à l’époque que Robin Williams se met à la chanson.

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Et soudain, il sort de son silence

Cela arrive encore de temps en temps, mais là j’ai quand même réussi à disparaître du blog pendant deux semaines. Il y a la rentrée, bien sûr, avec son lot de nouveautés, de dossiers qu’on a laissé végéter pendant le mois d’août et qui vous retombent dessus, de sommeil en option. Et puis la gentille déprime qui va avec. Enfin, le manque d’inspiration, même devant les évidences d’actualité qui, en tant normal, me feraient réagir. Depuis deux semaines, rien ne m’a inspiré. Ni la mort du malheureux Jean-Luc Delarue, ni le palmarès des MTV Video Music Awards, ni les déclarations de Nicki Minaj en faveur de Mitt Romney… Je me suis demandé si j’allais réussir à faire ma rentrée de septembre ici, mon cupcake salé. Et puis cette endive de Robbie Williams est enfin sorti de son silence.
Depuis son mariage, Robbie Williams a plus ou moins disparu de la circulation, du moins de ce côté-ci de la Manche. Car en Angleterre, il a passé une année 2011 très rentable avec Take That. Une façon pour lui, après s’être fait prier pendant des années, de tirer un trait sur le passé ombrageux qui avait hanté (et probablement un peu contribué au succès de) sa carrière jusqu’alors. Comme à la grande époque, Take That a été un gros hit en Angleterre, mais a peiné à s’imposer chez nous. C’est comme ça, en France on a toujours préféré Robbie tout seul. Mais de moins en moins avec les années, comme le reste de l’Europe.
C’est un fait : crise du disque ou ringardise qui s’installe à petit feu, Robbie Williams vend de moins en moins de disques. Son dernier gros succès album remonte à 2005 avec Intensive Care (et le lead single Trippin’, seul single de l’album auquel il ait offert une promotion correcte), ce qui commence quand même à remonter, pauvre choupinet.
Note que je ne vais pas non plus chouiner sur son sort, hein : à 70 millions d’albums vendus en carrière, ce n’est pas Michael Jackson mais sa retraite est déjà bien assurée, même s’il est encore loin de la soixantaine.
Mais ce qui a fini par m’agacer chez ce garçon, outre ses sales habitudes de dépression, de rechute et de désintox qui lui ont fait flinguer la promotion des deux tiers de ses singles depuis l’an 2000, c’est sa manière de ne pas assumer le personnage désaxé qui a fait sa notoriété, et probablement son confortable matelas de billets, depuis quinze ans : pas seulement le rustre mignon qui roule des mécaniques dans les clips, mais aussi et surtout le vrai garçon un peu paumé qu’il y a derrière, et auquel il était si difficile de ne pas s’attacher au milieu des 90’s. Il y a eu ce retour en grâce avec Take That, crachant sur quinze ans de rébellion toxique au nom d’une maturité dont la pop ne devrait pas avoir grand’chose à faire, et puis, il y a eu ces interviews de promotion à la sortie de ses albums.

 

A la sortie de Reality Killed The Video Star, en 2009. Et à la sortie de son nouveau-né, donc, Take The Crown, cette année. A chaque fois, la même mécanique : dénigrer l’album précédent, dire qu’il n’y croyait pas vraiment, qu’en fait les chansons étaient nulles… Nan mais au secours, quoi ! Et tes abrutis de fans qui achètent ton album A CHAQUE FOIS, Robbie, tu en fais quoi ? Tu leur avoues sans honte que ton album d’il y a deux ans était tout pourri, que t’as juste honoré ton contrat avec ton label comme un gentil employé ?
Je comprends que les chanteurs déclarent, à chaque nouvel album, que c’est leur meilleur, leur plus personnel, leur plus abouti… Mais je ne comprendrai jamais qu’ils s’épanchent sur leur album précédent en disant que finalement ce n’était pas un très bon album. La vérité, c’est que Robbie se sent merdeux de ne pas avoir eu de succès single significatif depuis 2005. Rudebox en 2006 ? Aucun tube, aucune promo correcte, parce que monsieur était dépressif (ce qu’il a fini par admettre), camé jusqu’à l’os et incapable d’assurer la promotion de ses singles. Bazardant au passage tout le potentiel de l’un de ses meilleurs albums, qui s’il n’était pas vraiment autre chose qu’un surf sur l’air du temps (le retour en grâce des sons électroniques 80’s, un an après le Confessions on the dancefloor de Madonna ? Please…), contenait quelques petites perles pop malignes et agréables à l’oreille. En faisant un petit effort supplémentaire, Robbie Williams aurait pu sauver un single comme She’s Madonna, ou propulser de mignonnes balades comme We’re the Pet Shop Boys, Louise, ou encore Burslem Normals. Lovelight, également, aurait pu faire une jolie carrière dans les charts mais a fait pschitt. Et au lieu d’assumer ses errements, lors de la promotion de Reality Killed The Video Star, en 2009, Robbie a préféré déclarer que Rudebox n’avait pas marché parce que ce n’est pas un très bon album.
Pareil cette année, donc, où Robbie déclare qu’il n’était pas hyper convaincu par son précédent opus, qui était certes un peu moins bon, mais qui aurait pu bénéficier d’un peu plus d’exposition s’il s’était bougé le cul au lieu de faire une dépression, de batifoler tranquilou à Los Angeles avec sa fiancée et de voir des aliens dans son jardin (a.k.a. les raisons essentielles pour lesquelles on entendait parler de lui jusqu’à son retour au sein de Take That). Mais ASSUME, BORDEL, Robbie ! Ne remets pas en question tout le travail de tes auteurs et de tes équipes de studio alors que tes albums ne marchent plus à cause de toi. Tu es dépressif, ce n’est pas ta faute, mais ce n’est pas une raison pour annoncer à tes fans qu’ils ont claqué vingt euros dans un album de merde il y a trois ans.
A la limite, si le garçon déclarait un truc un peu provoc’ du genre « Bon, les gars, avouons-le, c’était mon dernier album chez EMI, j’en avais plus rien à foutre, alors j’ai demandé à Guy Chambers de faire ses fonds de tiroir et j’ai fait de la promo pendant six semaines chrono, service minimum », ça aurait plus de gueule. Mais laisser entendre qu’il laisse, en tant qu’artiste qui bâtit toute son activité sur son nom et son aspect bankable, des albums sortir dans le commerce alors qu’il n’en est pas satisfait et qu’il les promeut un peu à contrecoeur parce qu’il aurait préféré faire mieux, c’est carrément du foutage de gueule.
Soit tu as sciemment laissé sortir un album pourri et ça t’a fait marrer de faire cracher 500 000 euros à ton label pendant que tu te procurais un simple prétexte à faire une nouvelle tournée, soit tu as sorti un album dans lequel tu croyais, et il n’a pas marché comme tu le voulais pour des raisons diverses mais pas parce qu’il était mauvais (du moins, pas de ton point de vue à toi)… Mais le mix des deux, c’est un peu naze.
Bon, et sinon, ce nouveau truc, là, Candy, ça donne quoi ? Eh bien tu as entendu, c’est parfaitement ridicule, zarbi, hommage aux cagoles, complètement anglais, un peu décalé et entêtant. On dirait presque un Call Me Maybe ou un single de Cher Lloyd chanté par un adulte. C’est probablement le meilleur lead single d’un album de Robbie Williams depuis longtemps, puisqu’il n’a pas commis l’erreur de lancer une balade mid-tempo quelconque (Robbie, chouchou, quand on a à son palmarès Angels et Feel, on arrête les balades et on passe à autre chose, sinon on radote) pour oser, enfin, proposer un truc marrant capable de le différencier de la concurrence dans les charts.
Les paroles sont un peu merdiques (Hey ! Ho ! Merci Gary Barlow), mais ça peut passer, si les radios et TV n’ont pas définitivement blacklisté Robbie Williams le gentil rebelle propre de 38 ans. Et puis, pour les fans des premières heures, il y a ce clip franchement réussi où, pour la première fois depuis des années, Robbie a l’air de s’amuser, tout en instillant les ingrédients qui ont composé « l’esthétique » de son univers visuel : les clins d’oeil putasse au public gay, la mode savamment dosée (il a créé sa marque de fringues il y a un an), la jolie fille, la bagarre, l’oeil au beurre noir, l’ange, la virilité exacerbée dans cette démarche de paon enfariné et cette petite moue so proud, ce recul toujours aussi rafraîchissant sur son (ex) statut de tombeur… Il est en forme, il a l’air de vouloir que ça marche, il est probablement motivé par l’envie de se faire bien voir par son nouveau label Universal (qui s’est quand même payé, là, une danseuse au rendement pas forcément évident), alors s’il ne se laisse pas déborder par la naissance de son gamin, il pourrait bien retrouver (pas trop tôt) le sommet des charts. A défaut des frasques de ses 20 ans. N’empêche, un adulte de retour dans la pop pour morues décérébrées, ça va nous dépoussiérer un peu des pisseuses de One Direction. Ah merde, j’avais dit que je ne parlerais pas des VMA…