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12 mois, 12 moments pop qui ont fait 2015

Alors que l’année s’achève, petite rétrospective traditionnelle de l’événement pop du mois, mois après mois, en 2015. Hautement subjective, cette liste ne reflète pas tant l’info la plus importante que celle qui a marqué mon rapport à l’entertainment et au showbiz ce mois-là, qui a déclenché chez moi amusement, irritation ou perplexité, mais qui en tout cas m’a semblé être le reflet du moment. Si l’année a été bien pourrie au niveau de l’actualité internationale et politique, force est de constater que, peut-être parce que je n’ai plus le bon âge, la planète pop est dans une phase transitoire un peu bâtarde, entre vieilles gloires d’il y a cinq ans à la ramasse et nouvelles coqueluches issues du web et du jeunisme, qui peinent encore à trouver leur pic commercial et créatif. Rendez-vous en 2016 pour plus de fun ?

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God shave the Queen

Alors là, je vois mal comment je pouvais ne pas en parler, hein. Tout le monde sait que j’aime Mylèèèèèèèène depuis des années, même si elle ne fait plus de tubes et qu’elle soûle tout le monde avec son numéro de grande prêtresse dépressive en concert.

La voila donc qui revient et qui joue, de manière drôle et assumée, de son image d’icône gay. Car oui, il n’y a pas que les Kylie, les Mariah, les Madonna, les Dalida, les Barbara, les… « euh, les mortes? »*! Mylène Farmer fait partie de ce Club très prestigieux et très fermé (?) d’artistes de grand talent adulées par un public homo bizarrement fidèle envers et contre tout. Peut-être en souvenir de ses vertes années de vingtaine où elle montrait son cul à tout bout de champ dans ses clips, peut-être pour sa liberté sexuelle assumée, peut-être parce que c’est l’une des rares chanteuses de variétoche à proposer un univers et des textes avec un minimum de profondeur et de possibilités de lecture… ou peut-être un peu pour tout ça à la fois.

Mais en dépit de critiques jamais tendres (quoique pas toujours catastrophiques) et de ventes un peu moins à la fête que par le passé (en même temps, Avant que l’ombre, en 2005, c’est avant tout zéro chanson écoutable en radio, zéro titre phare, zéro tube et zéro promotion de la chanteuse, alors…), elle est toujours là, telle une vieille routarde usée mais pas fatiguée. M’enfin quand même, heureusement qu’elle capitalise sur ses tubes passés et sur ses concerts pharaoniques! Parce que, bon, si elle devait compter sur les 10.000 folles qui achètent son album la première semaine après sa sortie en cinq exemplaires (la version normale, la version collector, la version jewel box avec photos exclusives, la version numérotée ultra-limitée avec objet collector en bronze de plastique et la version qu’on écoutera parce qu’on laissera toutes les autres sous plastiques pour ne pas les abimer…), bah elle gagnerait toujours très bien sa vie mais elle serait très underground, au bout du compte.

Quoiqu’il en soit, je vous reparlerai bientôt du nouvel album de la rousse flamboyante, qui apparemment revient au look androgyne qu’elle arborait pour l’album L’Autre au début des années 1990 (avec une coupe de cheveux légèrement moins désastreuse, cependant).

En attendant, je vous renvoie au sulfureux dernier clip à partouze qu’elle nous a pondu juste pour faire parler d’elle, cette catin, en pompant allègrement sur Le Cinquième Elément et sur Le Parfum. Qui a dit que Mylène Farmer était une actrice contrariée?

* Sauras-tu reconnaître cette référence culturelle savamment cachée?

La minute culturelle et nécessaire de Radio LDP… ou comment le succès peut sauver (au minimum) un look

Mes amis, l’heure est à la tristesse et à la mélancolie: Poussin est reparti cet après-midi à 17h, et à l’heure qu’il est il est encore dans son train pour Strasbourg, puis l’Allemagne. Les côtés désagréables de la séparation me surprennent à chaque fois, j’étais comme surpris de ne pas le trouver à la maison en rentrant, alors même que je venais de l’emmener à la gare. Comme quoi, la mémoire de poisson rouge est bien une tare sévère.

Mais au diable le mélo, tentons de nous distraire (Comment ça, j’ai un exam demain et j’ai rien révisé?? Boooh, pas grave!)! Pour cela, rien ne vaut une bonne lecture culturelle. Du coup, une perle rare m’a sauté aux yeux en kiosque: M Pokora en Une de Têtu, exhibant fièrement son caleçon John Galliano!! Wouhaou, la classe internationale! Pas du tout racoleur, en plus: « Je ne suis plus célibataire! »… Genre, si t’es pas très bien informé sur le jeune homme, tu pourrais presque croire que t’as un coming out en page centrale! Bon, bah nan, hein, jeune homme postpubère en chaleur/jeune donzelle déjà désespérée, c’est bien avec une fille que sort notre brave Matt. Je relève d’ailleurs une curiosité, le prénom « Matt » a rapidement sauté au profit de M, sous le prétexte que Matt Houston, autre génie overclasse du R’n’B, aurait gueulé (Matt qui??). Mais -M-, alors? Il gueule pas? C’est qu’il doit s’en battre, j’imagine! Bref…

Donc, M Pokora, qui pose ce mois-ci avec des sapes de marques (et leurs références en bas de page, comme ça que tu pourras te les acheter pour la modique somme de trois loyers de ton T3 parisien et être looké comme ton idole), c’est le gossbo trop sexy qui « chantait » dans le boys band Linkup formé par l’émission Popstars en 2003. Dans l’émission, à l’époque, il débitait avec sa voix d’ado des idioties du genre « J’suis trop fan des Backstreet Boys, c’était mon premier concert ». Je ne comprends pas pourquoi cette casserole ne l’a jamais suivi ensuite. Et puis, ô sort cruel, le groupe s’est séparé (bah ouais, on pensait s’être débarrassés des boys bands depuis 1997, et M6 nous en a recollé une couche, z’ont rien compris, eux!), et Matt est parti en solo nous faire un premier album. Il nous a alors enchaîné des ritournelles à la Rimbaud «  Tu es ma n°1 Baby/ Je te suis jusqu’au bout »,  » Quand j’te vois t’en aller ça m’fait mal/ C’est un bout d’moi qu’t’emmènes quand tu m’dis bye bye/ Aujourd’hui ma flamme brûle pour toi/ Mais j’en fais quoi si t’es pas là?? » ou « Serveur un verre d’eau stp/ Pas besoin d’alcool pour m’allumer/ Enchanté moi c M.P./ Ma mission le Rn’B », ou encore « Je la laisse roder, elle me lâche pas/ Affamée, elle a fait d’ moi sa proie »… Bon, ce néoromantisme me laissant un peu de marbre, il ne me restait plus qu’à m’intéresser au physique du jeune homme.

Hélas, il y a encore du boulot. Bon, c’est pas grave, hein, il a 22 ans (‘tain il est plus jeune que moi, ce p’tit con!), il a encore le temps de mûrir. Brad Pitt était looké comme une merde à 25 ans, c’est un peu ce qui me console à l’idée de vieillir. Alors, résumons un peu ce look. Cheveux courts : 1 point. Barbe, sourcils et contour du front trop taillés : – 1 point. Tatouages : 1 point. Tatouages « goût douteux/je fais du rap » : – 1 point. Corps bien sculpté : 1 point. Fashion victim : – 1 point… Bon, en fait, chaque qualité est annulée par un défaut, on n’en sort pas, décidément y a rien à faire, ce mec ne m’attire pas. Mon côté midinette de 14 ans est mort, et ça c’est plutôt une bonne nouvelle.

Mais voila, la passionnante interview de Têtu, où l’on apprend que M Pok’ (on va se donner des nicknames, maintenant qu’on est potes, hein) n’est pas homophobe, qu’il a une copine, donc, et qu’il a l’impression d’être un fantasme sexuel parce que des cruchasses hystériques abreuvent son MySpace de « j’ai envie de toi » avec leur numéro de téléphone, nous fait savoir en introduction que c’est l’album de la maturité qui sort ces jours-ci! Formidable! On peut donc sans se poser de question se jeter sur MP3, le nouvel opus du Justin Timberlake français… Ou pas, d’ailleurs. Comme le dit lui-même M Pok’, il a pas copié sur Justin, enfin si, mais Justin avant lui avait copié sur Michael Jackson, qui lui-même avait copié sur James Brown, etc. La vache, M Pok’, elle est pas dégueu’, ta lignée! Les chevilles, ça va?

Bon, quand même, positivons : des célébrités qui font la une de Têtu, il n’y en a plus tant que ça, et ça change du poster boy décérébré habituel qui porte un nom américain, est étudiant et mannequin en même temps, vit entre New York, Stockholm et Paris (??) et aime la tarte aux myrtilles (infos passionnantes, non?). Et puis, les chanteurs qui assument ce genre de démarche, pas forcément facile à un âge pareil, méritent un peu de respect malgré tout. Mais pour la maturité musicale, franchement, j’attends encore de voir… Parce que le nouveau chef-d’œuvre Dangerous, produit avec Timbaland (Whouaou, la claaaasse), c’est pas encore du Beckett… ”She’s got the passion/ That girl is dangerous/ Better be careful/ That girl is dangerous/ Beautiful Hard way/ That girl is dangerous/ She’s dangerous, dangerous”

Mais quand même, M Pok’, j’te donne ma bénédiction, tant que tu ne te sapes plus jamais comme ça, parce que c’est vraiment trop cheap: