Archives par mot-clé : Thriller

Moka

 

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On voit déjà venir, parmi les habituées des César, les probables nominations, en janvier prochain, de Marina Foïs et d’Emmanuelle Devos, pour le César de la meilleure actrice 2017. C’est que leurs deux films, Irréprochable et Moka, sortis à quelques semaines d’intervalle, présentent de troublantes similarités, du moins dans le type de rôle féminin principal qu’ils proposent. Dans les deux cas, on a un thriller / portrait de femme quadragénaire moralement et psychologiquement en chute libre, au bord de l’explosion, qui stalke une « proie » inconsciente de ce qui se joue à quelques mètres de ses fenêtres en pleine nuit, dans un cadre de province bourgeoise, et une tentative manifeste, dans le scénario comme dans la mise en scène, d’ambiance chabrolienne voire hitchcockienne : la tension est palpable et on passe les trois quarts du film à redouter l’instant où le personnage va basculer, où les apparences policées vont sauter, où la décharge d’ultra-violence va intervenir. Moka diffère toutefois de Irréprochable dans ses intentions et dans sa folie borderline, nettement plus canalisée chez Diane, le personnage légèrement plus lumineux d’Emmanuelle Devos, que chez la Constance de Marina Foïs.

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The Visit

 

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Bon, ce n’est un secret pour personne, la trajectoire ciné de M. Night Shyamalan est une sorte de tourbillon de la lose. Révélation surprise de l’année 1999 avec Sixième Sens, enchaînant de manière plutôt convaincante avec Incassable, sa mécanique du thriller flippant / pseudo-horrifique avec twist final commence à se gripper à partir de Signes et Le Village, qui convainquent nettement moins au box office, avant que La Jeune Fille de l’Eau et Phénomènes ne déclenchent une certaine indifférence lors de leur sortie en salles puis, au tournant des années 2010, que l’enchaînement The Last Airbender, Devil et After Earth ne le classent définitivement parmi les losers de l’industrie, dont la simple évocation du nom sur une toile de ciné déclenche les moqueries. Pour un mec dont Hollywood s’était vite entiché et qu’on nous avait présenté comme un nouvel Hitchcock qui ferait sa propre révolution des codes de l’angoisse, la chute a dû faire mal. Et puis au printemps dernier, le réalisateur est devenu producteur délégué de Wayward Pine, une série de la Fox dont il a réalisé le pilote, avec Matt Dillon, Carla Gugino, Toby Jones, Melissa Leo, Terrence Howard… Bref, des noms que la critique aime bien voir dans des thrillers mystérieux. Et le succès a de nouveau été au rendez-vous. Au point que The Visit, sorti en salles en septembre aux États-Unis, y a bénéficié de ce regain d’intérêt par ricochet, et eu un joli succès d’estime. Mais surtout il s’est avéré très rentable, approchant les 100 millions de dollars au box-office pour un budget initial de 5 millions. De là à parler de retour en forme pour l’ex-jeune prodige de l’épouvante…

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Regression

 

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Difficile de parler du dernier film d’Alejandro Amenábar sans passer par une phase de spoiler : comme M. Night Shyamalan, dans la foulée duquel il a « éclos » aux yeux du public international grâce à The Others, Amenábar a cette image de cinéaste à la filmographie sombre, essentiellement composée de thrillers psychologiques flirtant avec  le surnaturel, et affectionnant particulièrement les scénarios à twist. Ce qui, d’une part, est faux, mais d’autre part, exige un haut niveau d’excellence narrative, face à un public de plus en plus basé à mesure qu’il s’attend déjà à ce qu’il y ait un leurre dans l’histoire telle qu’elle nous est présentée. Dans ce registre, Regression n’est pas le grand coup de flip espéré.

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Irrational Man

 

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Comme chaque année, le Woody Allen est adulé par les uns, conchié par les autres, il se trouve toujours un titre de presse pour dire que c’est « le meilleur Woody Allen depuis Annie Hall » ou « le meilleur Woody Allen depuis Match Point », et d’autres pour dire que c’est un cru mineur, que ça marque une « période » de la carrière du cinéaste (en l’occurrence, pour les plus récentes, il y a eu une « période européenne », une « période Scarlett Johansson », et désormais on semble être dans une « période Emma Stone », tant la jeune actrice semble, après Magic In The Moonlight, s’imposer en muse de Woody Allen pour les années 2010, sorte de véhicule léger et ingénu pour ses intrigues prise de tête tordues). Pour ma part j’ai bien aimé, notamment pour sa deuxième partie.

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