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J’ai failli le rater : le come-back de Myriam Abel (qui ?)

Je sais pas toi, mais moi je trouve que gagner un télé-crochet, de nos jours, ce n’est pas forcément le méga-bon plan, pour la jouvencelle ou le jouvenceau qui souhaite devenir aussi célèbre que Britney Spears. Alors, certes, les chaînes de télévision nous survendent les quelques poulains qui ont réussi à survivre à la concurrence, au deuxième sinegueule et à la crise du disque (qui a décidément bon dos pour justifier semi-échecs et totales vautrades dans les charts), mais nous, téléspectateurs avisés et pas du tout lobotomisés devant notre poste, on n’est pas dupes, hein.
A feu-la Star Ac’, ils aimaient bien nous caser régulièrement une allusion à leur tête de gondole Jenifer, sans mentionner que, malgré sa longévité, ses disques se vendent de moins en moins bien au fur et à mesure que sa carrière défile, et surtout en occultant son statut de « première » chanteuse issue d’une real-TV type « Big Brother ». Comme pour Loana, la notoriété de ceux qui ont été les « premiers » du genre semble toujours devoir surpasser celle de leurs successeurs… Par contre, notre ami Mycose Nikos n’en remettait jamais trois couches sur Magalie Vae, Cyril Cinélu et autres incidents industriels (on peut facilement imaginer que si la Carac’ était encore diffusée aujourd’hui, Nikos ne parlerait pas bien souvent de Mickels Rea, vainqueur aujourd’hui oublié de la huitième saison), ni sur les ventes pas géniales d’un Gregory Lemarchal qui, même si c’est de mauvais goût de le dire, n’a réellement bien vendu ses disques qu’après sa mort. Quant à attribuer au programme la réussite d’une Olivia Ruiz, qui a écrit et produit ses albums sans l’armée d’auteurs-compositeurs estampillés Star Ac’ réservée aux gagnants de l’émission, pour appâter les candidats crédules, c’est un peu comme si la Sorbonne écrivait sur ses plaquettes de com’ « Venez dans notre belle fac, les jeunes : nos élèves, comme Jean Sarkozy par exemple (au hasard), s’en sont merveilleusement sortis ensuite grâce à ce que nous leur avons apporté (et vraiment grâce à rien d’autre, hein) »
A la Nouvelle Star, ils aiment bien rappeler à tout bout de champ qu’ils ont « engendré » Christophe Willem et Julien Doré, deux candidats à la haïpe de plus en plus contestable, et (surtout pour le premier) débarqués un peu par hasard dans une émission en voie de ringardisation suite à trois premières éditions qui avaient vu leurs gagnants vendre douze disques avant de sombrer dans un oubli relatif. L’exemple frappant, c’est Lio qui, cette saison, nous avait fait une merveilleuse sortie sur « la grande époque et les grands gagnants de la Nouvelle Star », en ne mentionnant que Willem et Doré, et en omettant ostensiblement les deux gagnants précédents du télé-crochet (Amandine Bourgeois et Soan, les deux gagnants dont, pourtant, Lio avait été la jurée). La vérité, c’est qu’il ne faut plus vraiment compter sur les télé-crochets pour vendre un album à un million d’exemplaire comme ce fut le cas, au tout début de notre ère real-TVesque, pour les mythiques L5 (ou plutôt L3, maintenant). Le cas de Christophe Willem en 2007 n’est qu’une espèce de miracle inespéré, dû à l’excellente impression que ce candidat, atypique (à l’époque) et hype malgré lui, avait laissée, suite à son parcours sans faute à la Nouvelle Star et à un album parrainé/conçu par de respectables et respectés artisans pop (Bertrand Burgalat, Zazie, Katerine…).
Comme quoi, il y a toujours pire que les télé-crochets…
Tout ça pour dire, donc, que vu de 2010, les candidats des Carac’ / Nouvelle Star / Popstars ayant accédé à ce qu’il convient d’appeler la célébrité se comptent, en France, sur les doigts d’une main. En comptant bien (nombre de saisons multiplié par nombre de candidats présents à l’antenne en praïme taïme), ils sont pourtant quelques centaines à avoir tenté le coup. De qui se souvient-on ? De personne, ou presque.
Alors au milieu de ça, quand un un de ces ex-candidats à la célébrité tente de nous faire le coup du come-back (alors qu’il a à peine eu un premier come, dont il pourrait éventuellement come-backer, t’vois), comme un Patxi ou une Jessica Marquez, ça me fait toujours un peu de peine. Surtout quand ledit candidat n’est pas complètement affligeant, mais hélas marqué du sceau de l’ignominie de la has-beenitude post-télé-réalité. Un peu comme les comédiens AB Productions qui espéraient sincèrement faire carrière après avoir joué dans Le Miel et les Abeilles, Les garçons de la plage ou Les Nouvelles Filles d’à côté.
Tout ça pour dire que, voués à l’échec de manière quasiment certaine, ces come-backs peuvent m’arracher un fond de pitié sympathie, et qu’à la limite, je voudrais presque faire quelque chose pour eux (mais pas acheter leur disque non plus, hein).
J’entends par là que s’il y avait un come-back de Jean-Pascal aujourd’hui, je m’en tamponnerais un chouïa. Toi aussi, je suppose. Mais là, il s’agit du come-back improbable de Myriam Abel, et c’est complètement autre chose (ou pas).
Qui qui c’est Myriam Abel ? Et bien figure-toi que c’est la pauvre fille qui a eu le malheur de gagner la Nouvelle Star juste avant cette endive de Christophe Willem : non seulement elle a bénéficié d’un minimum de promo pour son album, qui tombait donc pendant l’avènement du Christ(ophe) (hon hon) de la Nouvelle Star, mais en plus elle a apparemment eu des soucis de timing pour ses sorties d’album et de sinegueule.
Enfin, elle a eu un double souci, qui lui fut fatal : elle avait le charisme de Julie Zenatti (ce qui n’est pas facile), et son premier sinegueule était une daube improbable pondue par Lara Fabian & co, qui t’enjoignait de donner à la vie le sens que tu lui donnes, une injonction métaphysique qui n’a cessé de me hanter depuis cette époque. Moi aussi, désormais, je donne à ma vie le sens que je lui donne.

Bref, c’est vraiment dommage que cette fille n’ait pas un charisme un peu plus développé et un répertoire un peu moins mémère, car malgré ces handicaps évidents, elle a une jolie voix. Ce qui n’a pas été donné à tous les gagnants de télé-crochets, le public votant hélas bien plus souvent pour une personnalité vaguement sympa ou charismatique que pour une prestation vocale (ce qui est le seul moyen d’expliquer certaines places de finalistes).
Alors, non, je n’achèterai pas le sinegueule de la brave Myriam, mais je reconnais au moins sur la toile ouèbesque intergalactique (et ça, c’est énorme) qu’elle mériterait quelques miettes du fameux succès qu’on avait promis aux Jonatan Cerrada, Steeve Estatoff, Thierry Amiel et autres galériens du quart d’heure warholien made in télé-crochet, laissés sur le carreau sitôt le rideau de la rentabilité retombé… Après tout, ça vaut bien une Joyce Jonathan.