Archives par mot-clé : Slut Wave

Miley Cyrus – Dooo It!

 

 

 

Je fais plutôt partie des défenseurs de Miley Cyrus en temps normal. Je trouve que le changement d’image qu’elle a opéré il y a un peu plus de deux ans était spectaculaire mais bien négocié, dans le sens où elle a réussi à imposer très vite sa nouvelle image comme « naturelle » et non comme une lubie, et qu’on a vite oublié son personnage public d’avant. On en est venu à revoir d’anciens clips, d’à peine trois ans, comme des trucs hyper vintage, limite on dirait que c’était une autre chanteuse, et en un sens tant mieux, parce que la « nouvelle » Miley avait davantage de chances de trouver un public qui la suivrait un peu plus longtemps que celui d’Hannah Montana, même au-delà du lycée.

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La Pop-Pouffe de juin

 

 

 

Kat Deluna, auteure et interprète de deux hits mineurs de la fin des années 2000 (Whine Up et Run The Show), galère depuis quelques années à renouveler ces succès, se compromettant avec des DJs européens douteux pour tenter d’exister sur la scène dance (elle ne semble jamais avoir sérieusement tenté de se faire une crédibilité aux Etats-Unis), sans jamais réussir à faire de vagues dans les charts.

 

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What You Got A Big Booty

 

 

 

 

 

C’est l’année des gros culs, on aura fini par le remarquer. Si 2013 a rendu la notion de twerk mainstream, avec les exploits médiatiques de Miley Cyrus qui, paradoxalement, n’avait ni les fesses ni la street créd’ d’une ambassadrice du twerk, 2014 aura été, dans la pop, l’année de l’obsession des fesses féminines proéminentes. L’exagération des formes, la performance physique féminine par l’exceptionnel : on avance sans avancer. L’Anaconda de Nicki Minaj qui fait dans le skin shaming (fuck the skinny bitches), l’hymne aux formes voluptueuses de Meghan Trainor, Beyoncé définitivement intronisée plus grande star de la décennie après son clip de vacances et ses prestations live sur Drunk In Love ou ses performances au pole dance dans le clip de Partition, l’explosion d’Iggy Azalea et de son physique savamment moulé dans des shorts et autres combinaisons… Le bas des reins est redevenu le centre de l’attention de la pop : rond, dansant, hédoniste, subversif. Le cul est l’accessoire de l’année. Revoilà donc sur ce créneau, en toute logique, Jennifer Lopez, l’icône fessière du tournant du XXIème siècle, que son big booty a fait élire femme la plus sexy de la planète vers 2000-2001.

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Pole dance et slut-shaming

rihanna pour it up

Être une femme libérée, tu sais c’est pas si facile. Remarque, je dis ça mais j’en sais rien, je ne suis pas une femme, et pas spécialement libéré. Hasard du calendrier, deux des plus bruyantes, si ce n’est plus grandes, superstars de la pop actuelle ont publié sur YouTube, à moins de 48 heures d’intervalle, leur nouveau clip. Jusque-là, rien d’anormal. Mais les deux clips se trouvent faire montre de la même imagerie à base de lupanar et de barres de pole dance. Les deux clips divisent, mais posent surtout question par leur bizarre incongruité. La vulgarité, qu’on le veuille ou non, fait partie intégrante de la pop culture, lorsqu’elle prétend bousculer un peu l’ordre établi, les stéréotypes ou le puritanisme. Rihanna et Britney en ont d’ailleurs fait usage par le passé, avec la subversivité moite de I’m A Slave 4 U, le SM stylisé de Disturbia, le pole dance mal éclairé de Gimme More, ou encore la chorégraphie accroupie cuisses écartées de Rude Boy. Et elles ont même trouvé un terrain commun sur S&M, transformé en duo de luxe pour son exploitation single en 2011. Mais là, les clips de Work Bitch (pas aidé par son titre) et (surtout) de Pour it up frappent par, justement, leur vulgarité. Ou plutôt par leur manque de subtilité dans l’image de biatch libre et épanouie que les deux chanteuses revendiquent à longueur d’année… Et c’est vrai qu’à les regarder, on a presque du mal à croire qu’elles exploitaient respectivement, il y a encore quelques semaines, les clips de Stay et de Ooh La La

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